Pluriel (FR)

"La nouvelle ministre des Droits des Femmes ne pense qu’à une chose, c’est de démanteler le 3919" affirme Pascale Boistard sur Radio Orient.

Quelques jours après la journée mondiale contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard alerte sur le danger qui menace le 3919, le numéro d'appel national de référence pour les femmes victimes de violences .  "Le 3919 existait avant que j’arrive aux responsabilités. C’est un numéro d’accompagnement et de renseignement, pas un numéro d’urgence", précise l'ancienne secrétaire d'Etat en charge des Droits des Femmes, invitée de Radio Orient ce lundi 30 novembre. "C’est la fédération d’associations Solidarité Femmes qui s’en occupe". Sous le précédent quinquennat, ajoute-t-elle, "nous avons renforcé leurs moyens financiers parce que c’est nécessaire pour avoir une ouverture la plus large possible des horaires du standard." Rappelant que le personnel du 3919 est formé à un type d’écoute spécifique, elle estime qu'aujourd’hui, "la nouvelle ministre des Droits des Femmes ne pense qu’à une chose, c’est de démanteler le 3919". L'ancienne secrétaire d'Etat en veut pour preuve la décision "de soumettre à un marché public le 3919, ce qui signifie que des entités privées, à but lucratif, peuvent se substituer aux associations expertes d’aujourd’hui. Vous voyez le scandale qui est en train de préparer ! L’inefficacité qu’il y aura à changer ce système au lieu de le renforcer financièrement pour qu’il puisse être plus efficace pour régler les problèmes de ces femmes qui sont victimes des pires violences." Plus globalement, un an après le Grenelle contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard estime que le bilan d'Emmanuel Macron en matière d'égalité femmes est plutôt "peau de chagrin". Le président de la République en avait pourtant fait une des priorités de son quinquennat, ce qui était "extremement fort comme prise de décision. Les deux seuls progrès notables, selon elle : "le reversement des pensions alimentaires ou encore la mise en place d’un bracelet pour les auteurs de violence." L'ancienne secrétaire d'Etat note que "même les associations se plaignent d’avoir été moins soutenues qu’auparavant." A contrario, selon elle, d’autres pays en Europe, qui étaient en retard il y a quelques années sur la question des droits des femmes, sont aujourd’hui sont devant la France. Elle conseille de prendre modèle sur l’Espagne, où "des décisions fortes ont été prises, à la fois en termes budgétaires mais aussi en terme d’organisation de l’administration pour répondre aux violences faites aux femmes." Elle cite par exemple la création de juridictions spécifiques, les instructions extremement fortes données à la police et à la justice. L'Espagne qui est exemplaire aussi dans l’accompagnement des femmes, afin que la parole des victimes soit entendue. Résultat : il y a moins de féminicides en Espagne qu'en France. Le secret se cette réussite, selon Pascale Boistard : le gouvernement a mis les moyens budgétaires, plus d’un milliard d’euros, et a fait preuve de volontarisme politique.  -------------- Pascale Boistard, ancienne secrétaire d’Etat aux droits des Femmes, ex-secrétaire d'Etat aux Personnes âgées, était l'invitée de PLURIEL. Emission diffusée le lundi 30 novembre 2020. 

Quelques jours après la journée mondiale contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard alerte sur le danger qui menace le 3919, le numéro d'appel national de référence pour les femmes victimes de violences .  "Le 3919 existait avant que j’arrive aux responsabilités. C’est un numéro d’accompagnement et de renseignement, pas un numéro d’urgence", précise l'ancienne secrétaire d'Etat en charge des Droits des Femmes, invitée de Radio Orient ce lundi 30 novembre. "C’est la fédération d’associations Solidarité Femmes qui s’en occupe". Sous le précédent quinquennat, ajoute-t-elle, "nous avons renforcé leurs moyens financiers parce que c’est nécessaire pour avoir une ouverture la plus large possible des horaires du standard." Rappelant que le personnel du 3919 est formé à un type d’écoute spécifique, elle estime qu'aujourd’hui, "la nouvelle ministre des Droits des Femmes ne pense qu’à une chose, c’est de démanteler le 3919". L'ancienne secrétaire d'Etat en veut pour preuve la décision "de soumettre à un marché public le 3919, ce qui signifie que des entités privées, à but lucratif, peuvent se substituer aux associations expertes d’aujourd’hui. Vous voyez le scandale qui est en train de préparer ! L’inefficacité qu’il y aura à changer ce système au lieu de le renforcer financièrement pour qu’il puisse être plus efficace pour régler les problèmes de ces femmes qui sont victimes des pires violences." Plus globalement, un an après le Grenelle contre les violences faites aux femmes, Pascale Boistard estime que le bilan d'Emmanuel Macron en matière d'égalité femmes est plutôt "peau de chagrin". Le président de la République en avait pourtant fait une des priorités de son quinquennat, ce qui était "extremement fort comme prise de décision. Les deux seuls progrès notables, selon elle : "le reversement des pensions alimentaires ou encore la mise en place d’un bracelet pour les auteurs de violence." L'ancienne secrétaire d'Etat note que "même les associations se plaignent d’avoir été moins soutenues qu’auparavant." A contrario, selon elle, d’autres pays en Europe, qui étaient en retard il y a quelques années sur la question des droits des femmes, sont aujourd’hui sont devant la France. Elle conseille de prendre modèle sur l’Espagne, où "des décisions fortes ont été prises, à la fois en termes budgétaires mais aussi en terme d’organisation de l’administration pour répondre aux violences faites aux femmes." Elle cite par exemple la création de juridictions spécifiques, les instructions extremement fortes données à la police et à la justice. L'Espagne qui est exemplaire aussi dans l’accompagnement des femmes, afin que la parole des victimes soit entendue. Résultat : il y a moins de féminicides en Espagne qu'en France. Le secret se cette réussite, selon Pascale Boistard : le gouvernement a mis les moyens budgétaires, plus d’un milliard d’euros, et a fait preuve de volontarisme politique.  -------------- Pascale Boistard, ancienne secrétaire d’Etat aux droits des Femmes, ex-secrétaire d'Etat aux Personnes âgées, était l'invitée de PLURIEL. Emission diffusée le lundi 30 novembre 2020. 
30 novembre 2020

"Faire perdurer les divisions à gauche, c'en est presque criminel" : Francis Poézévara, Conseiller Municipal à Puteaux, invité de PLURIEL

La gauche doit être unie en Ile-de-France lors des élections régionales  mais aussi pour l'élection présidentielle de 2022", estime Francis Poézévara, Conseiller Municipal à Puteaux, sur Radio Orient. Mais le Coordinateur Génération.s dans les Hauts-de-Seine se montre plutôt pessimiste. "Il y a de nouveaux candidats à gauche tous les jours. Si on regarde les sondages, il y a de multiples raisons d'être pessimiste. Si on n'est pas unis, on sait que la gauche sera absente du second tour pour la 3e fois de son histoire, ce qui donnerait un affrontement entre la droite libérale d'Emmanuel Macron et la droite nationaliste de Marine Le Pen." Et, regrette l'élu de Puteaux, "on voit que chacun part dans son couloir. Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo qui se prépare, Yannick Jadot, peut-être également Fabien Roussel chez les communistes." C'est doublement pénalisant, analyse Francis Poézévara "car d'une part en étant chacun dans son couloir, il n'y a aucune chance que chacun arrive à passer la barre du second tour, mais en plus, pour se différencier, les uns et les autres sont obligés de cliver à gauche. On l'a vu encore récemment avec les propos d'Anne Hidalgo sur Europe Ecologie. On le voit avec les propos des uns et des autres, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot qui va plutôt sur le centre. En clivant comme ça, on est en train, avec une sorte de prophétie autoréalisatrice, de rendre les uns et les autres à gauche irréconciliables. " Francis Poézévara en veut pour preuve les derniers chiffres des instituts de sondage : la gauche divisée pèse 26 % des voix, ce qui correspond à la barre pour passer au second tour. Mais s'il n'y avait qu'un seul candidat de gauche au 1er tour, aujourd'hui, ce candidat ne dépasserait pas 15 %". L'explication selon ce cadre du mouvement créé par Benoît Hamon, "c'est parce que tout le monde clive à gauche et donc les uns et les autres refusent de se reporter sur un candidat d'union. Pour moi, faire perdurer ces divisions, c'en est presque criminel !" ---- L’invité de PLURIEL est Francis Poézévara, Conseiller Municipal à Puteaux, Coordinateur Génération.s dans les Hauts-de-Seine. Emission diffusée le vendredi 27 novembre 2020. 

La gauche doit être unie en Ile-de-France lors des élections régionales  mais aussi pour l'élection présidentielle de 2022", estime Francis Poézévara, Conseiller Municipal à Puteaux, sur Radio Orient. Mais le Coordinateur Génération.s dans les Hauts-de-Seine se montre plutôt pessimiste.

"Il y a de nouveaux candidats à gauche tous les jours. Si on regarde les sondages, il y a de multiples raisons d'être pessimiste. Si on n'est pas unis, on sait que la gauche sera absente du second tour pour la 3e fois de son histoire, ce qui donnerait un affrontement entre la droite libérale d'Emmanuel Macron et la droite nationaliste de Marine Le Pen."

Et, regrette l'élu de Puteaux, "on voit que chacun part dans son couloir. Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo qui se prépare, Yannick Jadot, peut-être également Fabien Roussel chez les communistes."

C'est doublement pénalisant, analyse Francis Poézévara "car d'une part en étant chacun dans son couloir, il n'y a aucune chance que chacun arrive à passer la barre du second tour, mais en plus, pour se différencier, les uns et les autres sont obligés de cliver à gauche. On l'a vu encore récemment avec les propos d'Anne Hidalgo sur Europe Ecologie. On le voit avec les propos des uns et des autres, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot qui va plutôt sur le centre. En clivant comme ça, on est en train, avec une sorte de prophétie autoréalisatrice, de rendre les uns et les autres à gauche irréconciliables. "

Francis Poézévara en veut pour preuve les derniers chiffres des instituts de sondage : la gauche divisée pèse 26 % des voix, ce qui correspond à la barre pour passer au second tour. Mais s'il n'y avait qu'un seul candidat de gauche au 1er tour, aujourd'hui, ce candidat ne dépasserait pas 15 %". L'explication selon ce cadre du mouvement créé par Benoît Hamon, "c'est parce que tout le monde clive à gauche et donc les uns et les autres refusent de se reporter sur un candidat d'union. Pour moi, faire perdurer ces divisions, c'en est presque criminel !"

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L’invité de PLURIEL est Francis Poézévara, Conseiller Municipal à Puteaux, Coordinateur Génération.s dans les Hauts-de-Seine.

Emission diffusée le vendredi 27 novembre 2020. 

27 novembre 2020

"Les exilés de la place de la République étaient en train de crever de faim" : Alexandre Schon, Co-Animateur du Groupe thématique - Numérique de LFI, invité de PLURIEL

Dans cette émission diffusée le vendredi 27 novembre 2020, Alexandre Schon * revient notamment sur démantèlement brutal du campement de migrants installé place de la République, à Paris. Présent à la fois à Saint-Denis et quelques jours plus tard, place de la République, il précise que l'action de l'association Utopia 56 "voulait montrer cette invisibilisation de ces exilés". Selon lui, "on n'aurait pas reparlé de ces personnes s'il n'y avait pas eu cette action à République." Co-Animateur du Groupe thématique - Numérique de La France insoumise, Alexandre Schon ajoute : "Ils existaient encore, ils étaient en train de crever de faim. Moi-même, je suis bénévole dans une association caritative et je travaille à Porte d'Aubervilliers : j'ai vu l'évacuation du campement de Saint-Denis, porte de Paris." Le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire a augmenté de façon significative, précise le militant, également enseignant. "On a organisé une distribution de vêtements parce qu'on avait anticipé le fait que ces migrants n'avaient plus de tentes, n'avaient plus d'affaires et parfois avaient perdu leurs papiers pendant les cohues provoquées par les gazages en règle des forces de sécurité."  * Alexandre Schon, Co-Animateur du Groupe thématique - Numérique de La France insoumise, Docteur en Géographie de l’innovation et des télécommunications européennes. 

Dans cette émission diffusée le vendredi 27 novembre 2020, Alexandre Schon * revient notamment sur démantèlement brutal du campement de migrants installé place de la République, à Paris. Présent à la fois à Saint-Denis et quelques jours plus tard, place de la République, il précise que l'action de l'association Utopia 56 "voulait montrer cette invisibilisation de ces exilés". Selon lui, "on n'aurait pas reparlé de ces personnes s'il n'y avait pas eu cette action à République."

Co-Animateur du Groupe thématique - Numérique de La France insoumise, Alexandre Schon ajoute : "Ils existaient encore, ils étaient en train de crever de faim. Moi-même, je suis bénévole dans une association caritative et je travaille à Porte d'Aubervilliers : j'ai vu l'évacuation du campement de Saint-Denis, porte de Paris." Le nombre de bénéficiaires de l'aide alimentaire a augmenté de façon significative, précise le militant, également enseignant. "On a organisé une distribution de vêtements parce qu'on avait anticipé le fait que ces migrants n'avaient plus de tentes, n'avaient plus d'affaires et parfois avaient perdu leurs papiers pendant les cohues provoquées par les gazages en règle des forces de sécurité." 

* Alexandre Schon, Co-Animateur du Groupe thématique - Numérique de La France insoumise, Docteur en Géographie de l’innovation et des télécommunications européennes. 

27 novembre 2020