Quatre décennies de règne : comment Khamenei a façonné l’Iran
Modifié : 2h03 par Radio Orient
Figure centrale du pouvoir iranien depuis 1989, Ali Khamenei a façonné un système politique fortement centralisé, appuyé sur les Gardiens de la Révolution et une stratégie régionale offensive. Sa mort, annoncée le 28 février 2026 après des frappes sur des sites stratégiques, place la République islamique face à une succession sensible et à de nouveaux équilibres internes et externes.
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Comment Ali Khamenei a façonné le système iranien
Ali Khamenei aura dirigé l’Iran pendant plus de 36 ans. Nommé Guide suprême en juin 1989 après la mort de l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, il a profondément remodelé l’architecture du pouvoir à Téhéran, consolidant l’autorité du clergé chiite et renforçant le rôle des Gardiens de la Révolution.
Son assassinat, le 28 février 2026, lors de frappes américano-israéliennes visant des sites à Téhéran et des installations nucléaires, a ouvert une phase de transition délicate pour la République islamique.
Un religieux devenu homme fort
Né le 19 avril 1939 à Machhad dans une famille religieuse, Ali Khamenei s’engage très tôt dans l’opposition au Shah Mohammad Reza Pahlavi. Figure de la révolution islamique de 1979, il occupe la présidence de la République de 1981 à 1989, en pleine guerre Iran-Irak, avant d’être désigné Guide suprême.
À ce poste, il détient l’autorité ultime sur les institutions politiques, militaires et judiciaires du pays.
Centralisation et montée en puissance des Gardiens
Sous son autorité, le pouvoir s’est progressivement concentré autour du bureau du Guide. Les Gardiens de la Révolution ont vu leur influence s’étendre, tant sur le plan sécuritaire qu’économique, devenant un pilier du système.
Khamenei a soutenu le développement du programme nucléaire, qu’il a toujours présenté comme civil, tout en émettant des fatwas interdisant l’arme atomique. Parallèlement, l’Iran a investi massivement dans son arsenal balistique, considéré comme un élément central de sa stratégie de dissuasion.
Une stratégie régionale assumée
Sur le plan régional, le Guide suprême a consolidé la stratégie dite de « l’axe de la résistance », en soutenant des alliés et groupes armés au Liban, à Gaza, en Syrie et au Yémen. Pour Téhéran, cette projection d’influence constituait une ligne de défense avancée face à Israël et aux États-Unis.
Pressions économiques et contestation sociale
Le pays a toutefois été confronté à des sanctions internationales sévères, à une inflation persistante et à une forte dépréciation de la monnaie nationale. En 2022, la mort de Mahsa Amini a déclenché une vague de manifestations d’ampleur nationale, réclamant des réformes politiques et sociétales. Les autorités ont répondu par un durcissement sécuritaire.
À l’approche de 2026, des tensions internes opposaient courants conservateurs et réformateurs sur la gestion économique et les relations extérieures. Des médias occidentaux ont évoqué d’éventuelles manœuvres d’« éviction en douceur », catégoriquement démenties par Téhéran.
L’assassinat et ses répercussions
Selon des annonces officielles croisées, Ali Khamenei a été tué le 28 février 2026 lors de frappes ciblant des sites stratégiques, notamment les installations de Natanz et Fordo, qui auraient subi d’importants dégâts et des interruptions temporaires d’activités d’enrichissement.
L’Iran a riposté par des tirs de missiles contre des cibles israéliennes et des bases américaines dans la région, accentuant les tensions au Moyen-Orient.
Conformément à la Constitution, le Conseil des experts est chargé d’élire le nouveau Guide suprême à huis clos. Plusieurs noms circulent, dont celui de Mojtaba Khamenei, ainsi que de hautes figures religieuses et judiciaires. Des dispositions transitoires ont été mises en place afin d’assurer la continuité des institutions.
Un héritage contrasté
L’héritage d’Ali Khamenei est celui d’un État plus centralisé, doté d’un appareil sécuritaire puissant et fortement engagé sur la scène régionale. Mais il laisse également une économie fragilisée par les sanctions et une société traversée par des tensions profondes.
La période post-Khamenei sera déterminante : Téhéran devra choisir entre un durcissement stratégique et une possible reconfiguration tactique susceptible d’ouvrir la voie à un apaisement relatif, sous forte pression internationale.
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