Piratage massif de Binance : la plateforme rétablit progressivement les retraits après le vol de 6,3 milliards de dollars

Modifié : 21h59 par Radio Orient avec l'AFP

Binance, leader mondial des plateformes d’échange de cryptomonnaies, a annoncé dimanche la reprise progressive des retraits pour ses utilisateurs, après avoir été victime d’une cyberattaque d’une ampleur exceptionnelle.

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Selon le FBI, ce piratage, survenu jeudi, aurait été orchestré par des hackers liés à la Corée du Nord et aurait entraîné le vol de 6,3 milliards de dollars.

Face à cette attaque massive, Binance avait temporairement suspendu les opérations de retrait afin de limiter les pertes et de sécuriser les fonds restants.

Dans un communiqué publié sur son compte officiel X, l’entreprise a indiqué que le rétablissement des retraits avait débuté le 1er novembre 2026 à 06H00 GMT, avec une remise en service progressive.

Cette reprise constitue un premier test pour la confiance des investisseurs, alors que l’attaque a mis en évidence les failles potentielles de sécurité de la plateforme.

Binance a précisé que les demandes de retrait avaient connu une forte hausse dans un premier temps, avant de diminuer et de se stabiliser. Les dépôts, de leur côté, sont restés soutenus.

Entre 06H00 et 15H30 GMT, la plateforme a traité 4,649 milliards de dollars de retraits contre 1,01 milliard de dollars de dépôts, soit une sortie nette d'environ 3,64 milliards de dollars. Binance souligne toutefois que ce montant représente seulement 2,1 % de ses 171 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Le FBI pointe du doigt des pirates nord-coréens

Le FBI attribue cette opération au groupe de hackers nord-coréens TraderTraitor. Selon les autorités américaines, les cybercriminels auraient commencé à blanchir les fonds dérobés, notamment en les convertissant en Ether, la cryptomonnaie associée au réseau Ethereum.

Les enquêteurs ont également diffusé une liste d'environ 500 adresses Ethereum utilisées par les pirates pour transférer et dissimuler les actifs volés. Ils ont appelé les acteurs du secteur des cryptomonnaies à bloquer toute transaction liée à ces adresses.

Donald Trump a toutefois exprimé des réserves concernant la responsabilité de Pyongyang. Interrogé samedi soir depuis sa résidence en Floride, le président américain a déclaré que les investigations se poursuivaient et qu'il n'était pas encore possible de confirmer l'implication de la Corée du Nord.

Le montant de ce vol dépasse largement celui enregistré en février 2025 sur la plateforme Bybit, lorsque le groupe TraderTraitor avait dérobé environ 1,5 milliard de dollars, selon le FBI.

Cette nouvelle cyberattaque souligne les capacités de la Corée du Nord à générer des revenus clandestins, malgré les lourdes sanctions internationales imposées au pays en raison de ses programmes nucléaires et balistiques.

Le groupe Lazarus également dans le viseur

TraderTraitor serait lié au groupe Lazarus, considéré comme proche des services de renseignement nord-coréens. Ce dernier avait notamment été accusé d'avoir mené une cyberattaque contre les studios Sony Pictures Entertainment en 2014, après la sortie du film satirique « L'Interview qui tue ! ».

Un rapport de l'armée américaine publié en 2020 faisait état de l'existence d'une unité spécialisée dans la cyberguerre, baptisée « Bureau 121 », qui compterait environ 6 000 membres opérant depuis la Corée du Nord et plusieurs pays étrangers, notamment la Chine, la Russie, l'Inde, la Malaisie et le Bélarus.

Binance, qui revendique quelque 335 millions d'utilisateurs à travers le monde, demeure la première plateforme mondiale en matière de volume d'échanges de cryptomonnaies. À titre de comparaison, Crypto.com estime à 741 millions le nombre de détenteurs de cryptomonnaies dans le monde.

L'entreprise a assuré que ses clients ne subiraient aucune perte liée à cette attaque et a indiqué avoir procédé à des achats de cryptomonnaies afin de compenser les fonds dérobés.

Cette affaire intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les risques que pourraient représenter les progrès de l'intelligence artificielle. Plusieurs experts s'interrogent notamment sur la capacité des nouveaux modèles d'IA à fragiliser les systèmes et les protocoles de cybersécurité.