Peine de mort en Israël : qui est concerné par la nouvelle loi ?
Modifié : 18h03 par Radio Orient
Adoptée dans un climat de fortes tensions sécuritaires, la nouvelle loi israélienne sur la peine de mort marque une rupture majeure. Présentée comme une réponse au terrorisme, elle soulève une question centrale : qui sera réellement visé par son application, alors que critiques politiques et organisations de défense des droits dénoncent un texte aux implications lourdes et potentiellement discriminatoires.
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Adoptée en mars 2026, une loi israélienne élargissant le recours à la peine de mort dans les affaires liées au « terrorisme » suscite une vive controverse, tant sur la scène politique interne qu’auprès des organisations internationales.
Jusqu’à présent, Israël n’a appliqué la peine capitale qu’une seule fois, en 1962, lors de l’exécution du criminel nazi Adolf Eichmann. Le nouveau texte marque ainsi une inflexion majeure en transformant une mesure exceptionnelle en option judiciaire concrète.
Une impulsion politique portée par la droite
Portée par les partis de la droite nationaliste et religieuse membres de la coalition au pouvoir, la loi s'inscrit dans une ligne politique revendiquant davantage de fermeté sécuritaire. Ses promoteurs estiment qu’elle constitue une réponse nécessaire à la multiplication des attaques et à une demande croissante de l’opinion publique.
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a ainsi défendu une approche plus radicale, affirmant que « la peine de mort pour les terroristes est une réponse juste et nécessaire ».
Dans la même logique, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a plaidé pour un rétablissement de la dissuasion, déclarant que « nous devons restaurer la capacité de dissuasion d’Israël face au terrorisme ».
Une opposition politique et des critiques internationales
Face à ce durcissement, l’opposition politique met en garde contre des effets contre-productifs. Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a notamment alerté sur les risques sécuritaires indirects, estimant que « cette loi ne renforcera pas la sécurité d’Israël et pourrait au contraire encourager des enlèvements ».
Les organisations internationales de défense des droits humains expriment également de fortes réserves. Human Rights Watch et Amnesty International dénoncent un texte contraire aux standards internationaux, jugeant que « la peine de mort est une punition cruelle, inhumaine et dégradante », et soulignant le caractère « discriminatoire » de son application.
Ce que prévoit concrètement la loi
Le texte prévoit la possibilité de prononcer la peine de mort ou la réclusion à perpétuité dans les affaires de meurtre à caractère terroriste, y compris sans demande explicite du parquet. Il encadre une exécution dans un délai de 90 jours et limite les possibilités de commutation de peine.
Dans les faits, son application concerne principalement les juridictions militaires, compétentes pour juger les Palestiniens.
L’adoption de cette loi intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires, notamment après les attaques du 7 octobre. Elle répond à une pression de l’opinion publique, mais aussi à des enjeux politiques internes au sein de la coalition. Reste posée la question de son efficacité réelle : instrument de dissuasion ou facteur de radicalisation supplémentaire.
Une loi encore suspendue entre texte et application
À ce stade, aucune exécution n’a été menée. Les autorités évoquent des préparatifs logistiques, tandis que les procédures judiciaires se poursuivent. La loi demeure ainsi dans une phase d’incertitude, entre son existence formelle et sa mise en œuvre effective.
Plusieurs leviers institutionnels pourraient freiner, voire empêcher son application. La Cour suprême israélienne, saisie par des organisations comme le centre juridique Adalah, peut suspendre ou annuler le texte. Le Premier ministre conserve également une marge de manœuvre politique, notamment pour retarder une éventuelle exécution.
Un dispositif accusé de discrimination
Les critiques portent aussi sur le caractère inégalitaire du système. Les Palestiniens sont majoritairement jugés par des tribunaux militaires, tandis que les Israéliens relèvent de juridictions civiles, ce qui alimente les accusations d’un système juridique à deux vitesses.
Au-delà de son contenu, cette loi constitue un test majeur pour l’équilibre des pouvoirs en Israël, la nature de son système judiciaire et l’évolution du conflit. La décision de la Cour suprême sera déterminante pour savoir si ce tournant sera confirmé ou remis en cause.
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