Mobilisation du 5 novembre : universités perturbées et lycées bloqués face aux annonces du gouvernement

Modifié : 12h28 par Radio Orient avec l'AFP

À l’approche de la journée nationale de mobilisation prévue jeudi 5 novembre, la contestation étudiante et lycéenne se poursuit en France.

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Plusieurs universités restent fermées et de nombreux lycées font face à des blocages ce mardi 3 novembre. Les organisations de jeunesse entendent maintenir la pression sur le gouvernement, estimant que les mesures annoncées ne répondent pas suffisamment à leurs revendications.

D’après le ministère de l’Éducation nationale, 48 lycées sur les 3 700 que compte le pays étaient bloqués mardi à 9 h 30. Dans l’enseignement supérieur, environ 15 % des établissements avaient déjà connu des perturbations lundi, selon le ministre Philippe Baptiste.

À Paris, l’université Paris-Dauphine-PSL a annoncé qu’elle garderait ses portes fermées jusqu’à jeudi inclus. Son président, Bruno Bouchard, a indiqué sur RTL espérer une reprise des activités dans de bonnes conditions dès vendredi. De son côté, la Sorbonne-Nouvelle a confirmé la fermeture du campus Nation pour toute la journée de mardi, après une première fermeture lundi.

Pour Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), il est essentiel de poursuivre la mobilisation afin de faire comprendre au gouvernement que les étudiants ne comptent pas abandonner leurs revendications sans obtenir des réponses concrètes.

Un appel national au blocage a été lancé par plusieurs organisations étudiantes. Depuis la reprise des cours après les vacances de la Toussaint, les mouvements de contestation ont repris dans plusieurs établissements, aussi bien dans les universités que dans les lycées.

À Rennes, une trentaine d’élèves ont tenté, dès 7 h 30, de bloquer le lycée Bréquigny, le plus grand établissement de Bretagne. Après des tensions avec une administratrice et un passage de la police, les élèves ont finalement bloqué l’entrée aux alentours de 8 heures.

Des annonces gouvernementales qui ne convainquent pas les jeunes

La mobilisation bénéficie également du soutien de certains enseignants. À Toulouse, Raphaël Gironimi, professeur de mathématiques et membre du syndicat SNES-FSU, estime que les revendications des élèves sont légitimes. Il dénonce notamment des classes comptant près de 35 élèves ainsi que des bâtiments scolaires mal adaptés aux fortes chaleurs comme aux périodes de grand froid.

À Paris, plusieurs établissements ont également été concernés. Le lycée Louis-le-Grand, situé dans le 5e arrondissement, a notamment été bloqué à l’aide de bennes placées devant son entrée. Au lycée Balzac, dans le 17e arrondissement, les élèves ont été dirigés vers une entrée secondaire, tandis que des policiers étaient présents sur place.

Face à cette colère qui dure depuis plusieurs semaines, le gouvernement a dévoilé la semaine dernière une série de mesures destinées à apaiser la situation. Parmi les principales annonces figure le remplacement progressif de Parcoursup d’ici 2028, une plateforme au cœur des revendications des organisations étudiantes.

L’exécutif a également promis de renoncer aux suppressions de postes initialement prévues dans l’Éducation nationale, de créer 500 postes supplémentaires, de limiter à 28 le nombre d’élèves par classe de seconde et d’ouvrir 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a par ailleurs demandé au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, d’apporter des réponses aux 200 lycées les plus en difficulté, identifiés sur la plateforme de concertation. Malgré ces engagements, les organisations de jeunesse considèrent ces annonces comme un premier pas encore insuffisant.

Le ministre a également évoqué la nécessité d’engager un travail approfondi sur le contrôle continu, dont les conclusions sont attendues d’ici la fin du mois de décembre.

Le parcours de la manifestation parisienne toujours en discussion

Les organisations étudiantes, notamment l’USL, l’UNEF, la FAGE et l’Union étudiante, prévoient de participer à la mobilisation nationale de jeudi pour défendre le pouvoir d’achat. Elles continuent notamment de réclamer l’abandon pur et simple de Parcoursup.

À Paris, le parcours envisagé entre la place de la Bastille et la place de la Concorde n’a toujours pas reçu l’approbation des autorités. La manifestation, soutenue également par des personnes se revendiquant des « gilets jaunes », doit traverser le centre de la capitale.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé lundi la préfecture de police à clarifier rapidement sa position. Elle estime qu’une manifestation doit pouvoir être visible et que son itinéraire doit être connu suffisamment tôt afin de garantir la sécurité des participants.

Depuis les violences et les pillages survenus le 17 octobre, les autorités ont interdit aux manifestants de défiler dans le centre de Paris lors des deux derniers samedis, en leur imposant des itinéraires alternatifs en périphérie.

Dans le même contexte, le collectif Interfac Île-de-France s’est vu refuser son parcours prévu mardi entre le Panthéon et le siège du Medef. La préfecture lui a proposé un itinéraire en périphérie, une décision que le collectif entend contester devant le tribunal administratif.

Pour cette journée de mobilisation, les autorités prévoient la participation de 15 000 à 30 000 manifestants dans la capitale.