Midterms aux États-Unis : les démocrates prennent le contrôle du Congrès et infligent un revers majeur à Trump

Modifié : 20h07 par Radio Orient avec l'AFP

Donald Trump fait face à une nouvelle configuration politique particulièrement défavorable après la victoire historique des démocrates aux élections de mi-mandat.

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Mardi, les électeurs américains ont choisi de confier à l'opposition le contrôle des deux chambres du Congrès, infligeant ainsi un sérieux désaveu au président républicain.

La vague démocrate a dépassé les attentes, atteignant même plusieurs États traditionnellement acquis aux républicains. La hausse des prix de l'énergie, les difficultés liées au coût de la vie et le mécontentement provoqué par la guerre prolongée contre l'Iran figurent parmi les principaux facteurs de cette sanction électorale.

Ce résultat représente un revers politique majeur pour Donald Trump et pourrait considérablement compliquer la dernière partie de son mandat. À partir du 3 janvier, date de l'entrée en fonction du nouveau Congrès, les démocrates disposeront de moyens importants pour contrecarrer les initiatives de la Maison Blanche.

Leur contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat leur permettra notamment de bloquer certains projets législatifs, de freiner les nominations présidentielles et de relancer des investigations concernant Donald Trump et les membres de son administration.

Face à cette défaite, la Maison Blanche a tenté de réaffirmer l'autorité du président. Mercredi, elle a publié sur le réseau social X un message rappelant que « Trump est toujours votre président », accompagné d'une photographie du milliardaire républicain affichant une attitude déterminée dans le Bureau ovale.

De son côté, Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre des représentants et futur président de l'institution, a salué un résultat « stupéfiant ». Il a attribué cette victoire à trois préoccupations majeures des électeurs : le coût de la vie, l'accès aux soins de santé et la guerre en Iran, qu'il considère comme coûteuse et mal engagée.

La guerre en Iran au cœur du désaveu électoral

Le vice-président JD Vance, régulièrement présenté comme un possible candidat républicain à la présidentielle de 2028, a reconnu ouvertement la responsabilité du conflit iranien dans la défaite de son camp.

« Nous avons perdu. Toute discussion honnête sur la voie à suivre doit commencer par ce constat », a-t-il écrit sur X, dans une déclaration qui semble marquer une certaine prise de distance avec Donald Trump.

Les démocrates ont remporté sept sièges supplémentaires au Sénat, portant leur représentation à au moins 54 élus sur 100, tandis que deux sièges restaient encore disputés dans le Mississippi et l'Alaska à 16 heures GMT.

À la Chambre des représentants, l'ampleur de leur progression est également considérable. Hakeem Jeffries a évoqué une fourchette de 250 à 255 sièges pour son parti, contre 214 auparavant.

Pour Todd Belt, politologue à l'université George Washington, ces résultats traduisent un rejet particulièrement fort du président et de sa politique.

Donald Trump a, de son côté, affirmé au New York Times qu'il respecterait les résultats du scrutin. Il a néanmoins menacé, sur sa plateforme Truth Social, d'utiliser son droit de veto pour bloquer les textes que les démocrates souhaiteraient faire adopter.

Interrogé par Fox News, le président a également refusé de considérer cette défaite comme un désaveu personnel, affirmant qu'il ne pensait pas que le scrutin était dirigé contre lui.

Une vague démocrate jusque dans les bastions républicains

Les conséquences du scrutin dépassent largement les frontières américaines. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a estimé que « la vague ultra » avait été stoppée, tandis que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié ces résultats d'« excellente nouvelle pour la démocratie américaine ».

En Iran, le guide suprême Mojtaba Khamenei a toutefois averti que ceux qui espèrent une modification de la politique américaine à l'égard de Téhéran « se trompent lourdement ».

Sur le plan électoral, les démocrates ont enregistré des victoires symboliques dans plusieurs territoires historiquement républicains. Au Kansas, Adam Hamilton a notamment remporté un siège au Sénat, une première pour un candidat démocrate dans cet État depuis 1932.

En Caroline du Sud, Annie Andrews a également réussi à conquérir un siège sénatorial occupé par les républicains. Au Texas, autre bastion conservateur, James Talarico a marqué les esprits, alors que le dernier sénateur démocrate de cet État avait été élu en 1988.

La progression démocrate s'est également confirmée en Caroline du Nord, dans l'Iowa et dans l'Ohio, trois États remportés par Donald Trump lors de la présidentielle de 2024.

Parallèlement, le parti a conservé plusieurs sièges stratégiques, notamment en Géorgie, où Jon Ossoff a été réélu, renforçant sa position au sein de la nouvelle génération des responsables démocrates.

Enfin, dans le Michigan, l'élection du médecin Abdul El-Sayed constitue un autre événement marquant de ce scrutin. Issu de l'aile gauche du Parti démocrate, il devient le premier musulman élu au Sénat américain.

Cette victoire historique redessine ainsi les rapports de force à Washington et ouvre une période de fortes tensions entre la Maison Blanche et un Congrès désormais contrôlé par les démocrates.