La guerre vue du Golfe: Qui est aux commandes après l’élimination des leaders ?
Modifié : 13h04 par Radio Orient
Qui est aux commandes des opérations militaires en Iran depuis l’élimination de leurs dirigeants ? Sont-ils sonnés ou disposent-ils d’une stratégie claire ?
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Le premier jour, les iraniens semblaient frapper de manière désordonnée, voire aléatoire. Le 1er mars, une frappe iranienne a visé le port commercial de Duqm, à Oman.
Oman est le voisin de confiance de la République islamique, ayant inlassablement assuré la médiation avec les États-Unis pour éviter cette guerre. Alors, pourquoi frapper Oman ?
La réponse du ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, à Al Jazeera est étonnante : « Les unités de l’armée sont actuellement indépendantes et isolées. » Elles appliqueraient, selon lui, les directives laissées par leurs chefs disparus. Le Financial Times croit en effet savoir que les plans préparés avant sa mort par Ali Khamenei visaient à créer le chaos au Moyen-Orient et sur les marchés financiers mondiaux.
Les pays du Golfe face à ce qu’ils perçoivent comme une déloyauté
Les frappes tous azimuts contre les pays du Golfe sont vécues par ces derniers comme un acte de déloyauté, pour ne pas dire de perfidie, de la part du régime iranien.
Les pays du Golfe avaient fait tout ce qui était en leur pouvoir afin que les négociations aboutissent à un accord et permettent d’éviter cette guerre. Or, l’Iran n’en épargne aucun d’entre eux, en particulier les Émirats arabes unis.
Les Émirats arabes unis particulièrement ciblés
En trois jours, 63 % de toutes les attaques iraniennes ont visé les Émirats. L’Iran a lancé plus de missiles sur ce pays que sur Israël. Pourquoi ?
liL’Iran avait certes prévenu qu’en cas de frappes israélo-américaines, il attaquerait les bases militaires dans le Golfe. Pourtant, ce sont des quartiers résidentiels et des infrastructures touristiques qui ont été visés à Abou Dhabi et à Dubaï.
Choisir de cibler à ce point les Émirats est d’autant plus incompréhensible qu’Abou Dhabi a établi de bonnes relations avec Téhéran ces dernières années, malgré leurs désaccords. Serait-ce parce que les Émirats arabes unis représentent le parfait contre-exemple du modèle iranien ?
Ils sont pro-occidentaux (ayant même signé des accords de normalisation avec Israël), ont développé une économie de marché prospère et technologiquement avancée, ainsi qu’une société religieusement tolérante. Ils sont surtout activement opposés à tous les intégrismes religieux et en première ligne contre l’islam politique.
Une guerre de communication assumée ?
Un autre élément de réponse pourrait se trouver dans la guerre de communication menée par les Iraniens. En frappant Dubaï, leur objectif serait d’amplifier la couverture médiatique et d’exagérer l’impact de leurs frappes afin d’inquiéter les Occidentaux.
Dubaï est célébrissime, les Émirats arabes unis sont hyperconnectés et accueillent des millions de ressortissants étrangers. Les vidéos des attaques, filmées et commentées dans leurs langues maternelles, ont donc inondé les réseaux sociaux et donné l’impression que le pays était en feu. L’impact aurait pu être bien plus important si l’immense majorité des missiles et des drones n’avait pas été interceptée.
Un impact militaire limité malgré l’intensité des attaques
Les dégâts aux Émirats arabes unis ont en réalité été limités et essentiellement dus aux débris de missiles et de drones interceptés. Plus de 95 % des 689 drones, 174 missiles balistiques et 8 missiles de croisière qui ont visé les Émirats durant les trois premiers jours ont été interceptés ou sont tombés en mer.
En frappant ses voisins proches, le régime iranien prend le risque de s’aliéner les pays du Golfe et leurs populations pour des années à venir.
Deux réalités stratégiques mises en lumière
Ce conflit met en évidence, une fois encore, au moins deux réalités :
L’importance stratégique, politique et économique du Golfe, dont une potentielle déstabilisation affecterait le monde entier.
Il rappelle également le potentiel déstabilisateur des régimes théocratiques et autres idéologies extrémistes, d’où qu’ils viennent, ainsi que la nécessité de les contenir avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.
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