Hongrie : Viktor Orban battu, l’opposition pro-européenne l’emporte

Modifié : 20h05 par Marc-Aurèle Barez

Après seize ans au pouvoir, le nationaliste Viktor Orban est défait aux législatives par le conservateur pro-européen Peter Magyar. Retour sur un scrutin dont les enjeux vont bien au-delà des frontières hongroises.

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Un changement historique après seize ans de pouvoir
 
C’est un tournant politique majeur en Hongrie. Dimanche, Viktor Orban et son parti, le Fidesz, ont subi une large défaite aux élections législatives. Dans la soirée, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement à Budapest pour célébrer la victoire de l’opposition.
 
 
Figure centrale de cette alternance, Peter Magyar s’était engagé à restaurer les contre-pouvoirs et à garantir le fonctionnement démocratique du pays. Après plus d’une décennie au pouvoir, Viktor Orban avait façonné un système électoral à son avantage et avait mis au pas les médias. Selon plusieurs observateurs, la stagnation économique, l’inflation et les soupçons de corruption ont pesé lourd dans ce revers.
 
Un scrutin aux répercussions internationales 
 
Au-delà de la Hongrie, cette élection revêt une portée stratégique pour les pays européens qui soutiennent l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie. Proche de Vladimir Poutine, Viktor Orban s’était régulièrement opposé aux politiques européennes, notamment en bloquant un prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kiev en mars dernier.
 
À l’inverse, Peter Magyar a promis une relation loyale avec l’Union européenne, tout en refusant l’envoi d’armes à Kiev. Plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, ont salué ce résultat.
 
D’après le centre de réflexion américain Center for American Progress, c’est "une défaite pour [...]l’autoritarisme" et un "coup majeur porté à ceux qui voyaient dans le modèle [...] de Viktor Orban", la démocratie illibérale, "un modèle à suivre".  En France, la chef de file de l’extrême droite Marine Le Pen a dénoncé la « satisfaction de la commission européenne ». Elle a salué selon elle "le courage" d’un homme qui a défendu "la souveraineté de la Hongrie".

Pour Donald Trump aussi, fervent soutien à Victor Orban, et qui avait envoyé JD-Vance, le vice-président américain, en appui à Budapest la semaine dernière, c’est un vrai revers. 

Plus largement, l’échec de Victor Orban porte un coup aux mouvements d’extrême droite à travers le monde.