G20 à Atlanta : les tensions géopolitiques freinent les efforts de coopération internationale
Modifié : 15h08 par Radio Orient avec l'AFP
Aucune avancée majeure n'était attendue concernant la guerre en Ukraine lors de la réunion des pays du G20 organisée vendredi à Atlanta, aux États-Unis.
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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a toutefois confirmé la fermeté de la position de Moscou, sans laisser entrevoir la moindre ouverture en faveur de négociations.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué à l'AFP que le représentant russe n'avait montré aucun signe de changement de position. Elle a également dénoncé les déclarations de Lavrov, qu'elle a qualifiées de fausses affirmations et de contre-vérités, auxquelles les Européens ont pu répondre.
Lors de son intervention devant les représentants du G20, sous la présidence du secrétaire d'État américain Marco Rubio, Sergueï Lavrov a affirmé avoir échangé brièvement avec son homologue américain. Il a décrit leur conversation comme « plutôt agréable », évoquant notamment les relations bilatérales entre les deux pays et leur coopération au sein des organisations internationales. Washington n'a cependant pas confirmé cette rencontre.
De son côté, une source diplomatique européenne a estimé que le discours du ministre russe avait été marqué par un ton particulièrement provocateur.
Les efforts diplomatiques visant à mettre un terme à la guerre en Ukraine restent bloqués depuis plusieurs mois. Une éventuelle rencontre entre des représentants russes, ukrainiens et américains pourrait être organisée en novembre aux Émirats arabes unis afin de relancer les discussions, mais aucune confirmation officielle n'a encore été communiquée par Washington.
L'atmosphère tendue s'est également reflétée dans l'organisation de l'événement. La traditionnelle photo de famille du G20 a été annulée, les Européens ne souhaitant pas apparaître aux côtés du représentant russe. Les autorités américaines ont préféré supprimer cette séquence afin d'éviter toute « distraction diplomatique » devant les médias internationaux.
Un contexte international particulièrement tendu
En ouvrant les travaux du G20, Marco Rubio a décrit la situation mondiale comme un « moment décisif », dans un contexte marqué par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que par la hausse des prix du pétrole.
La réunion, qui se poursuit jusqu'à samedi, intervient à quelques jours des élections américaines de mi-mandat. Elle vise également à préparer le sommet prévu à la mi-décembre, qui sera accueilli par le président Donald Trump dans son complexe de golf en Floride.
Dans son discours inaugural, le secrétaire d'État américain a souligné l'existence de plusieurs crises économiques et géopolitiques étroitement liées, susceptibles, selon lui, de menacer les fondements de l'ordre économique mondial.
Le G20, qui regroupe les principales puissances économiques de la planète, dont les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Japon, la France, le Brésil et la Russie, reste profondément divisé sur plusieurs dossiers internationaux.
L'administration Trump, qui assure actuellement la présidence du groupe avant de la transmettre au Royaume-Uni, souhaite redéfinir les priorités de cette organisation. Washington estime que les travaux du G20 se sont éloignés de leurs objectifs initiaux et insiste désormais sur le lien étroit entre sécurité internationale et prospérité économique.
À Atlanta, les discussions portent notamment sur les enjeux énergétiques, les chaînes d'approvisionnement et la liberté de navigation maritime, particulièrement menacée dans le détroit d'Ormuz.
Aucune déclaration finale commune ne devrait être adoptée à l'issue de cette réunion. Les participants devraient plutôt se contenter de conclusions établies sous la présidence américaine.
Les tensions au Moyen-Orient au cœur des préoccupations
Cette rencontre se déroule également dans un contexte de fortes inquiétudes concernant une possible aggravation de la situation au Moyen-Orient.
Selon le Wall Street Journal, Washington aurait demandé à plusieurs pays du Golfe de se préparer à une opération militaire de courte durée mais particulièrement intense, qui pourrait intervenir après les élections américaines.
La semaine dernière, Donald Trump avait évoqué la possibilité de lancer une nouvelle opération militaire, en faisant référence à l'offensive américaine menée contre l'Iran à partir du 28 février.
Face à ces risques, Kaja Kallas a rappelé que les Européens privilégiaient une issue diplomatique, estimant qu'une nouvelle escalade ne profiterait à aucune partie.
L'Afrique du Sud écartée, la Pologne invitée
L'absence de l'Afrique du Sud constitue l'un des autres faits marquants de cette réunion. Pretoria n'a pas été conviée à Atlanta, une décision de Washington qui lui reproche des accusations présumées de persécution visant les descendants des colons européens blancs, les Afrikaners.
Selon une source diplomatique, plusieurs pays présents ont toutefois exprimé leur soutien à l'Afrique du Sud.
À l'inverse, les États-Unis ont invité la Pologne, avec l'objectif de lui permettre d'intégrer pleinement le G20. Une perspective à laquelle la Russie s'oppose fermement, ajoutant une nouvelle source de désaccord entre les grandes puissances.
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