France : les autorités redoutent de nouvelles violences lors de la mobilisation du 31 octobre

Modifié : 19h51 par Radio Orient avec l'AFP

Les autorités françaises anticipent une journée de fortes tensions à l’occasion de la mobilisation prévue samedi 31 octobre.

tr

L’entourage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a averti vendredi que des violences urbaines similaires à celles survenues le 17 octobre pourraient se produire tout au long de la journée, notamment à partir de la tombée de la nuit.

Des risques de dégradations et de tentatives de pillages sont également redoutés. Les autorités considèrent cette journée comme particulièrement sensible, avec un risque élevé de troubles à l’ordre public.

Environ 70 000 policiers et gendarmes seront déployés sur l’ensemble du territoire, comme lors de la mobilisation du 24 octobre, qui s’était déroulée sans incidents majeurs, contrairement à celle du 17 octobre.

La veille, le ministre de l’Intérieur avait déjà adopté un discours alarmant, défendant la mise en place d’un dispositif de sécurité exceptionnel pour encadrer cette nouvelle journée de mobilisation.

Selon une source proche du ministre, quelque 150 rassemblements et défilés ont été recensés pour samedi. Les préfets ont reçu pour consigne d’éviter les centres-villes afin de limiter les risques de débordements.

À Paris, la préfecture de police a instauré une interdiction partielle du parcours initial et proposé un itinéraire alternatif entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, à l’écart du centre de la capitale.

Cette décision, contestée devant le tribunal administratif, suscite également des réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes appellent les manifestants à ne pas respecter l’interdiction et à se retrouver place de la Bastille avant de rejoindre le quartier de l’Opéra, en plein cœur de Paris.

Le ministère de l’Intérieur craint ainsi des incidents durant les manifestations officielles, mais aussi l’organisation de cortèges non autorisés.

Les inquiétudes concernent également la soirée de samedi. Des appels à des rassemblements non déclarés dans plusieurs villes françaises circulent sur les réseaux sociaux, notamment depuis des comptes proches de la mouvance d’ultragauche.

L’entourage de Laurent Nuñez évoque notamment des projets de défilés spontanés en direction des institutions et des lieux de pouvoir, ainsi que des risques de violences urbaines, de pillages et de dégradations visant des commerces et des centres commerciaux. Les forces de l’ordre pourraient également être prises à partie.

Les autorités relèvent par ailleurs la circulation fréquente des termes « révolution » et « insurrection » sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué également par les célébrations d’Halloween.

Face à ces menaces, le ministère de l’Intérieur a annoncé que tous les rassemblements nocturnes non déclarés seraient systématiquement dispersés.

Un important dispositif de contrôle sera également déployé en amont aux entrées des centres-villes et des centres commerciaux. Les vérifications se poursuivront durant toute la journée, avec notamment des contrôles de sacs, des fouilles et des inspections de véhicules, sur réquisition des procureurs.

Ces opérations concerneront aussi bien les axes routiers que les réseaux ferroviaires.