France : la surpopulation carcérale atteint un niveau record avec plus de 90 000 détenus
Modifié : 21h41 par Radio Orient avec l'AFP
Les prisons françaises continuent de faire face à une surpopulation alarmante. Au 1er octobre, le nombre de personnes incarcérées a atteint 90 937, un niveau jamais enregistré auparavant, selon les chiffres publiés lundi par le ministère de la Justice.
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En un an, la population carcérale a progressé de 7,2 %, contre 84 862 détenus à la même période en 2025. Dans le même temps, les capacités d'accueil n'ont augmenté que de 1,5 %, pour atteindre 63 452 places opérationnelles.
Cette situation se traduit également par une multiplication des matelas installés à même le sol, faute de lits disponibles. Leur nombre s'élevait à 8 959 au 1er octobre, soit une hausse de 52 % en comparaison avec l'année précédente.
La pression est particulièrement forte dans les maisons d'arrêt, où la densité carcérale atteint 178 %. Ces établissements accueillent notamment les personnes condamnées à de courtes peines ainsi que celles en attente de jugement, qui bénéficient de la présomption d'innocence. À l'échelle nationale, le taux d'occupation des établissements pénitentiaires s'établit à 143,3 %.
La situation des prisons françaises suscite également des inquiétudes au niveau européen. En début d'année, le Conseil de l'Europe avait alerté sur les conditions de détention dans le pays, évoquant notamment la surpopulation, l'insalubrité et les violences, avec le risque de voir les établissements pénitentiaires se transformer en véritables « entrepôts humains ».
Au printemps, Dominique Simonnot, alors contrôleur général des lieux de privation de liberté, avait dénoncé une véritable « catastrophe pénitentiaire ». Elle avait notamment mis en cause la surpopulation chronique, la vétusté des bâtiments, les conditions sanitaires dégradées et le manque persistant de personnel de surveillance.
Dans un avis publié début juillet au Journal officiel, elle avait également regretté l'absence de mesures nationales suffisamment ambitieuses pour mettre fin à cette crise. Son mandat a pris fin le 13 octobre.
Pour lui succéder, l'ancien dirigeant de Vinci Autoroutes, Pierre Coppey, a été proposé au poste de contrôleur général des lieux de privation de liberté. Sa nomination reste toutefois soumise à l'approbation des commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat, qui doivent l'auditionner mercredi.
Face à cette situation, le ministère de la Justice prévoit la création de 3 000 places supplémentaires dans des établissements pénitentiaires modulaires, présentés comme une solution moins coûteuse. La moitié de ces places est actuellement en construction. Le premier établissement doit ouvrir ses portes à Troyes, dans le nord-est de la France, d'ici la fin de l'automne, selon l'administration pénitentiaire.
Cependant, les objectifs du plan national lancé en 2018 restent loin d'être atteints. Sur les 15 000 places supplémentaires annoncées, un peu plus de 8 000 seulement ont été mises en service, selon le dernier bilan communiqué à l'AFP à la mi-octobre.
Enfin, d'après les données 2025 du Conseil de l'Europe, la France affiche l'un des taux de densité carcérale les plus élevés du continent, à égalité avec la Turquie, avec 131 détenus pour 100 places disponibles.
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