Escalade au Moyen-Orient: choc pétrolier et inquiétudes sur le commerce mondial

Modifié : 15h01 par Marc-Aurèle Barez

L’embrasement militaire au Moyen-Orient fait déjà sentir ses effets sur l’économie mondiale. Entre flambée des hydrocarbures, tensions sur les marchés financiers et blocage du détroit d’Ormuz, les échanges internationaux sont fragilisés.

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En France, le gouvernement se veut rassurant sur les impacts économiques potentiels.

La flambée des hydrocarbures déstabilise les marchés mondiaux

Première conséquence directe du conflit : la hausse des prix de l’énergie. Le baril de pétrole a atteint 85 dollars mardi, un niveau inédit depuis juillet 2024. Cette envolée se répercute immédiatement sur les marchés internationaux, de l’Asie à l’Europe en passant par les États-Unis.

Selon des analystes de la Deutsche Bank, l’absence de volonté d’apaisement de part et d’autre alimente l’instabilité et entretient la nervosité des investisseurs.

Le détroit d’Ormuz au cœur des échanges stratégiques mondiaux

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran paralyse une artère essentielle du commerce international. Des navires restent immobilisés, cargaisons à bord, dans l’attente d’une reprise du trafic.

Ce passage maritime concentre habituellement près d’un quart des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Il constitue également un point d’accès majeur vers le port de Dubaï, l’une des plus importantes plateformes mondiales de conteneurs. Automobiles, produits de luxe et marchandises agroalimentaires y transitent avant d’être redistribués vers l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

Preuve de son importance, Emmanuel Macron a annoncé chercher à créer une coalition, y compris militaire, pour sécuriser le trafic maritime dans ses eaux. Le gel du détroit d’Ormuz provoque sans aucun doute des perturbations importantes du commerce maritime mondial.

Un impact mesuré mais surveillé en France

En France, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, assure qu’il n’y a pas lieu de se précipiter dans les stations-service. Il affirme qu’il n’y a "aucun risque de rupture d'approvisionnement" à court terme en France, ni sur l’essence, ni sur le gaz. 

Le gouvernement constate toutefois une hausse de quelques centimes du prix du carburant ce mercredi. Le gaz pourrait également voir son prix progresser en raison du blocage du détroit d’Ormuz.

Du côté des marchés, l’instabilité reste de mise. Les autorités françaises indiquent "suivre de très près" l’évolution de la situation au Moyen-Orient.