Défaite électorale aux États-Unis : Donald Trump fragilisé face au dossier iranien

Modifié : 20h15 par Radio Orient avec l'AFP

La question iranienne s'impose désormais comme un enjeu majeur pour Donald Trump, au lendemain de la lourde défaite des républicains aux élections de mi-mandat.

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Le président américain a lui-même reconnu, à demi-mot, que la guerre en Iran avait contribué au revers historique de son parti.

Affaibli par les résultats du scrutin de mardi, Donald Trump doit désormais faire face à un dilemme stratégique : mettre un terme au conflit, comme il l'a déjà évoqué, ou poursuivre une politique de fermeté envers Téhéran, malgré les risques d'une nouvelle escalade militaire.

Les démocrates ont remporté une victoire majeure en reprenant le contrôle des deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat, infligeant ainsi un sérieux revers au Parti républicain.

Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, Donald Trump a reconnu que l'Iran avait contribué aux mauvais résultats électoraux, tout en mettant davantage l'accent sur la flambée des prix du pétrole que sur la guerre elle-même. « L'Iran en a fait partie », a-t-il admis, avant d'affirmer qu'il avait pris la bonne décision et qu'il agirait de la même manière si nécessaire.

Le vice-président JD Vance, considéré comme un possible candidat républicain à la présidentielle de 2028, a été plus direct. Selon lui, « la guerre en Iran est la raison de la défaite ».

Plusieurs électeurs interrogés par l'AFP le jour du scrutin ont également évoqué la hausse du coût de la vie et le conflit iranien pour justifier leur choix. En Géorgie, Gabrielle Schlueter, une retraitée de 69 ans, a notamment estimé que l'implication des États-Unis dans cette guerre ne présentait que peu d'avantages.

Une guerre devenue un handicap politique

Pour Sina Toossi, chercheur au Centre d'études internationales de Washington, le message envoyé par les électeurs est sans ambiguïté : les Américains attendent un allègement des conséquences économiques du conflit plutôt qu'une intensification des opérations militaires.

Il estime que Donald Trump se retrouve désormais dans une situation délicate, la poursuite de l'escalade avec l'Iran ne présentant aucune perspective claire de victoire et risquant d'affaiblir davantage sa présidence.

À l'étranger, les résultats de ces élections ont également été suivis de près, notamment en raison de leurs possibles répercussions sur la politique américaine au Moyen-Orient.

Sur le réseau social X, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a salué le résultat du scrutin, affirmant que les Américains avaient clairement rejeté la guerre, en raison de leurs convictions ou du poids de la vie chère.

De son côté, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a écarté l'hypothèse d'un changement de position de Washington. Selon un communiqué publié sur son site officiel, il a estimé que ceux qui anticipent une évolution de la politique américaine « se trompent lourdement ».

Les démocrates réclament la fin du conflit

Au Congrès, les responsables démocrates Hakeem Jeffries et Chuck Schumer ont appelé mercredi à mettre un terme à la guerre contre l'Iran.

« Le peuple américain ne sait pas pour quelle raison nous nous battons en Iran. Cette guerre doit prendre fin », a déclaré Chuck Schumer.

Pour Todd Belt, professeur à l'université George Washington, les électeurs ont directement associé la situation au Moyen-Orient à leurs difficultés financières et à la crise du pouvoir d'achat aux États-Unis.

Reste à savoir si Donald Trump tiendra compte de ce signal électoral pour chercher rapidement une issue au conflit ou s'il choisira, au contraire, de renforcer son engagement militaire.

Ces derniers jours, plusieurs médias américains ont évoqué la possibilité d'une opération militaire brève et intense après les élections, notamment sous l'impulsion du Premier ministre israélien sortant, Benjamin Netanyahu. Son camp a remporté les législatives en Israël, sans toutefois obtenir de majorité.

Donald Trump avait lui-même évoqué, durant le week-end, la possibilité d'infliger un « coup de massue » à l'Iran. Dans la nuit de lundi à mardi, les forces américaines ont également bombardé une île iranienne.

Toutefois, une nouvelle offensive pourrait entraîner de graves conséquences. Sina Toossi met en garde contre le risque de représailles iraniennes de grande ampleur, de nouvelles perturbations de l'économie mondiale et d'une contestation croissante au sein même du Parti républicain.

Le président américain se retrouve ainsi confronté à un choix décisif : poursuivre la confrontation avec Téhéran au risque d'aggraver son isolement politique, ou rechercher une désescalade pour répondre aux préoccupations exprimées par les électeurs américains.