Xi Jinping au Caire : Pékin et l’Égypte affichent leur volonté de renforcer leur coopération
Modifié : 2 septembre 2026 à 22h30 par Radio Orient
Le président chinois Xi Jinping a effectué mercredi une rare visite en Égypte, la première en dix ans, dans un contexte marqué par une nouvelle escalade des tensions et des conflits au Moyen-Orient.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_09_02_at_18_45_481788380789705.jpeg)
Au Caire, il a appelé les pays de la région à s’opposer aux « ingérences extérieures » et à privilégier les solutions diplomatiques pour mettre fin durablement aux hostilités.
Reçu au palais d’Al-Ittihadiya par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Xi Jinping a placé la situation régionale au centre de leurs échanges. Le dirigeant chinois a estimé que les peuples du Moyen-Orient devaient pouvoir décider eux-mêmes de leur avenir, tout en appelant à davantage de coopération afin de préserver la sécurité et la stabilité régionales.
Xi Jinping s’est également déclaré disposé à travailler avec les pays du Moyen-Orient pour garantir la sécurité de la navigation maritime, alors que les attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz font peser de nouvelles menaces sur le commerce mondial des hydrocarbures.
Une coopération économique renforcée autour du canal de Suez
La visite du président chinois intervient également avec d’importantes perspectives économiques pour l’Égypte. Le Caire et Pékin ont notamment conclu un accord portant sur le lancement de la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise implantée dans la région du canal de Suez.
Cette zone accueille déjà environ 200 entreprises et représente près de quatre milliards de dollars d’investissements, selon les autorités égyptiennes. La nouvelle étape devrait permettre à la Chine d’accroître encore sa présence économique dans cette région stratégique, particulièrement importante pour les échanges commerciaux internationaux.
Plusieurs autres accords ont également été conclus à l’occasion de la visite, même si les autorités égyptiennes n’ont pas immédiatement communiqué leurs détails.
Cette intensification des relations intervient alors que les États-Unis renforcent leur pression économique sur les partenaires de l’Iran. La Chine, qui entretient des relations étroites avec Téhéran et figure parmi ses principaux acheteurs de pétrole, se retrouve directement concernée par cette politique américaine.
Les banques égyptiennes sont elles aussi exposées à ces tensions. Washington a récemment annoncé des sanctions visant la branche émiratie de Banque Misr, deuxième banque d’Égypte, l’accusant de contribuer à des transactions financières avec l’Iran.
Le Caire cherche à affirmer son autonomie stratégique
La visite de Xi Jinping intervient à quelques semaines d’une rencontre annoncée entre le président chinois et Donald Trump. Pékin cherche parallèlement à consolider ses relations avec plusieurs pays du Moyen-Orient entretenant traditionnellement des liens étroits avec Washington.
L’Égypte occupe une position particulière dans cette stratégie. Principal bénéficiaire de l’aide militaire américaine et acteur diplomatique historique de la région, le pays cherche depuis plusieurs années à diversifier ses partenariats internationaux.
Pour les analystes, Le Caire entend ainsi profiter de la présence de Xi Jinping pour mettre en avant une politique étrangère plus autonome, capable de maintenir simultanément des relations étroites avec les États-Unis et la Chine.
Abdel Fattah al-Sissi a lui-même défendu cette orientation dans un article publié mardi par plusieurs médias égyptiens, mettant en avant une « politique étrangère indépendante ». Il a également présenté la Chine et l’Égypte comme des partenaires capables de contribuer au renforcement du « Sud global » dans un contexte international marqué par une polarisation croissante.
Des relations sino-égyptiennes en plein essor
Au cours de sa visite, Xi Jinping doit également se rendre au Grand Musée égyptien, situé à proximité des pyramides de Gizeh.
Pour l’occasion, les principales avenues du Caire ont été décorées aux couleurs des deux pays. Des drapeaux chinois et égyptiens ainsi que des portraits des deux dirigeants rappellent l’importance accordée par les autorités aux relations bilatérales.
Les investissements chinois occupent déjà une place importante dans les grands projets lancés sous la présidence de Sissi. Pékin a notamment participé au financement du quartier financier et commercial de la nouvelle capitale administrative égyptienne, située à une cinquantaine de kilomètres à l’est du Caire.
La Chine représente également un partenaire commercial majeur pour l’Égypte. Selon les données des douanes chinoises, Pékin a enregistré un excédent commercial de 12 milliards de dollars avec l’Égypte au cours des sept premiers mois de 2026.
La coopération entre les deux pays s’étend enfin au domaine militaire. L’Égypte, devenue sous la présidence de Sissi l’un des principaux acheteurs d’armements au monde, a accueilli en août des exercices conjoints de combat aérien avec les forces chinoises. Ces manœuvres ont notamment mis en avant le chasseur J-16.
À travers cette visite, Pékin et Le Caire cherchent ainsi à afficher une relation stratégique de plus en plus étroite, fondée à la fois sur les intérêts économiques, la coopération militaire et une volonté commune de renforcer leur marge de manœuvre dans un Moyen-Orient soumis à de fortes tensions géopolitiques.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radioorient/images/logo_GrQUEHbER4.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_09_03_at_17_53_511788454459423-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/10001753431788444688307-format1by1.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_09_02_at_17_36_561788367509034-format1by1.jpeg)