Violences du 17 octobre en France : Macron exige des réponses et promet des sanctions
Modifié : 18 octobre 2026 à 22h54 par Radio Orient avec l'AFP
Face aux scènes de violences et de pillages qui ont marqué les manifestations du 17 octobre contre la vie chère, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français dimanche soir lors d’une allocution télévisée à 20 heures.
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Le président de la République a condamné fermement les dégradations commises dans plusieurs villes et appelé à rétablir l’ordre, alors que de nouveaux incidents ont été signalés à Paris.
Cette intervention a été précédée d’une réunion de crise à l’Élysée avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et plusieurs membres du gouvernement. L’exécutif doit répondre à la fois aux critiques de l’opposition et à l’indignation de nombreux Français face aux commerces pillés, aux bâtiments publics dégradés et aux mairies parfois incendiées, notamment à Limoges, en Haute-Vienne.
À six mois de l’élection présidentielle, cette crise représente un défi politique majeur pour Emmanuel Macron, dont le bilan en matière de sécurité et de maintien de l’ordre est au cœur des débats. Le chef de l’État a qualifié la situation de « moment d’une extrême gravité » et dénoncé une « violence débridée », qu’il attribue à des groupes d’ultragauche rejoints par des délinquants.
Macron exprime sa « colère » et sa « honte »
Évoquant les images de commerces saccagés, de bâtiments publics attaqués et de policiers et gendarmes blessés, Emmanuel Macron a exprimé sa colère et sa honte face à l’ampleur des destructions. Il a estimé qu’aucune revendication ne pouvait justifier de tels actes.
Le président a également apporté son soutien aux forces de l’ordre, aux élus locaux, ainsi qu’aux artisans et commerçants touchés par les violences. Il a assuré que les victimes ne seraient pas abandonnées face aux conséquences de ces événements.
De son côté, Sébastien Lecornu doit réunir dès lundi une cellule de crise afin de coordonner les mesures d’aide et de permettre aux personnes affectées d’obtenir rapidement un soutien.
Le gouvernement appelé à faire toute la lumière sur les événements
Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’examiner les circonstances qui ont conduit à ces violences et d’identifier les éventuelles défaillances dans le dispositif de sécurité. Il a exigé des explications précises et promis une totale transparence, notamment de la part du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Le chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’accélérer les enquêtes et de sanctionner les responsables des dégradations et des pillages. Selon lui, les auteurs devront répondre de leurs actes et assumer les conséquences de leurs agissements.
Il a par ailleurs affirmé que le gouvernement ferait preuve de fermeté, soulignant que le dialogue avec les citoyens ne devait en aucun cas être interprété comme un signe de faiblesse ou comme une garantie d’impunité.
Entendre les revendications sans tolérer les violences
Le président a toutefois tenu à distinguer les auteurs des dégradations des manifestants venus exprimer pacifiquement leurs inquiétudes face à la hausse du coût de la vie. Il a reconnu que la colère d’une partie de la jeunesse devait être entendue et que ses difficultés ne pouvaient être ignorées.
Emmanuel Macron a ainsi présenté deux priorités pour le gouvernement : comprendre les causes de cette colère et garantir le respect de l’ordre républicain. Les préfets devront travailler avec les maires afin de renforcer la protection des commerces, des bâtiments publics et des centres-villes.
L’exécutif prévoit également d’engager des discussions avec les organisations concernées pour associer davantage les jeunes à la recherche de solutions et répondre à leurs préoccupations concernant leur avenir.
Macron critique les appels à manifester et prépare une rencontre politique
Dans son allocution, Emmanuel Macron a également adressé une critique indirecte à La France insoumise, accusée par ses opposants d’encourager la mobilisation et d’alimenter les tensions. Sans citer explicitement le mouvement, il a dénoncé ceux qui, selon lui, appellent à descendre dans la rue et risquent d’aggraver le désordre.
À six mois de la présidentielle, le chef de l’État a appelé les partis politiques et les organisations syndicales à condamner clairement toutes les formes de violence et à privilégier l’apaisement.
Il a enfin insisté sur la nécessité d’éviter une escalade et de préserver le débat démocratique. Dans cette perspective, Sébastien Lecornu doit rencontrer les représentants des différentes formations politiques dans les prochains jours afin de recueillir leurs positions publiques et de rechercher un engagement commun en faveur du calme et du respect des institutions.
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