Union européenne : les Vingt-Sept tentent de trouver un compromis sur la future PAC

Modifié : 26 octobre 2026 à 11h55 par Radio Orient avec l'AFP

Les ministres de l’Agriculture des 27 États membres de l’Union européenne cherchent à s’accorder sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) après 2027.

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Cette réforme s’inscrit dans le cadre du prochain budget pluriannuel européen, couvrant la période 2028-2034. Une fois leur position commune adoptée, les États membres devront négocier avec le Parlement européen afin de parvenir à un accord définitif.

Après un été particulièrement difficile pour les agriculteurs, la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a souligné l’importance de ces discussions pour restaurer la confiance dans le secteur et offrir de nouvelles perspectives, notamment aux jeunes générations.

Son homologue irlandais, Martin Heydon, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, a également insisté sur la nécessité de parvenir à un accord global garantissant davantage de stabilité aux agriculteurs européens.

Plusieurs questions restent toutefois en suspens, notamment la définition des agriculteurs considérés comme « actifs », qui peuvent bénéficier des aides européennes. Certains États souhaitent que les agriculteurs retraités puissent également y avoir accès, tandis que d’autres, dont la France, défendent une attribution réservée aux personnes exerçant encore leur activité professionnelle.

Pour tenter de rapprocher les positions, la Commission européenne propose de laisser chaque État membre décider s’il souhaite inclure les retraités dans les dispositifs d’aide.

Les discussions portent également sur une éventuelle redistribution des subventions agricoles. Plusieurs pays souhaitent limiter les aides accordées aux propriétaires de grandes exploitations et aux investisseurs, afin de privilégier les petites fermes ainsi que les jeunes agriculteurs qui débutent dans la profession.

En parallèle, les négociations sur le prochain budget européen détermineront les ressources consacrées à la PAC. Les dirigeants européens espèrent parvenir à un accord budgétaire avant la fin de l’année.

À ce stade, le financement prévu pour la future politique agricole commune avoisine les 300 milliards d’euros, contre 387 milliards d’euros pour la programmation précédente. Une baisse qui suscite des inquiétudes dans le secteur agricole.

La Commission européenne affirme néanmoins que d’autres enveloppes financières pourront être mobilisées par les États membres pour soutenir les zones rurales. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a par ailleurs promis de débloquer par anticipation 45 milliards d’euros dès 2028 afin de renforcer le soutien à l’agriculture.

Cependant, plusieurs pays favorables à une politique budgétaire restrictive, notamment l’Allemagne, souhaitent réduire sensiblement les dépenses de l’Union européenne, y compris celles consacrées aux politiques traditionnelles comme la PAC.

L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre les contraintes budgétaires européennes, le soutien aux agriculteurs et la préservation de la compétitivité du secteur agricole.