Syrie : le chef des puissantes forces kurdes annonce leur dissolution
Modifié : 26 août 2026 à 22h32 par Radio Orient
Le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), Mazloum Abdi, a annoncé mardi soir la dissolution de cette force qui avait joué un rôle majeur dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), conformément à un accord conclu avec le président syrien Ahmad al-Chareh visant à réunifier le pays.
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« Nous annonçons aujourd’hui la fin de la mission des Forces démocratiques syriennes et déclarons, en toute responsabilité, leur dissolution en tant que force militaire indépendante », a déclaré M. Abdi dans un discours prononcé en arabe puis en kurde.
L’annonce a été faite au palais présidentiel à Damas, à l’issue d’une rencontre avec le président Ahmad al-Chareh, en présence de responsables militaires et politiques kurdes.
Le pouvoir syrien et les représentants kurdes négociaient depuis plusieurs mois la mise en œuvre d’un accord conclu en janvier, prévoyant l’intégration des institutions kurdes au sein de l’appareil d’Etat.
Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2024, après la chute de Bachar al-Assad, Ahmad al-Chareh s’est engagé à réunifier un pays profondément fragmenté par des années de guerre civile et à intégrer les différents groupes armés dans les structures de l’Etat.
Profitant du chaos provoqué par le conflit entre 2011 et 2024, les Kurdes avaient pris le contrôle de vastes territoires dans le nord et le nord-est de la Syrie, où ils avaient instauré une administration autonome.
Selon la télévision officielle syrienne, la décision annoncée par M. Abdi prévoit également la dissolution de cette administration autonome ainsi que des structures militaires et civiles qui en dépendent, et leur intégration dans les institutions de l’Etat syrien.
M. Abdi a précisé que la dissolution des FDS intervenait « après l’accord conclu avec le président Chareh et l’achèvement du processus d’intégration de nos forces au sein des brigades de l’armée syrienne ».
« Absolument historique »
L’envoyé spécial américain pour la Syrie et ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, a qualifié la décision d’« absolument historique ». Sur le réseau X, il a estimé qu’elle témoignait d’une véritable intégration destinée à renforcer la souveraineté de la Syrie.
Cette annonce intervient au lendemain de la décision des Etats-Unis de retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme, une mesure importante pour la reprise économique du pays.
Créées en 2015 avec le soutien de Washington, les FDS constituaient la principale force militaire de l’administration autonome kurde en Syrie. Elles avaient combattu l’EI avec l’appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
À leur apogée, les FDS comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, notamment des régions riches en pétrole.
« Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande responsabilité durant l’une des périodes les plus difficiles » de l’histoire récente de la Syrie, a déclaré Mazloum Abdi.
Il a rappelé que ses forces avaient participé à la libération de nombreuses villes et localités syriennes, d’abord du régime baasiste, puis de l’EI, également appelé Daech.
La dissolution des FDS, longtemps considérées comme l’une des forces les mieux organisées et entraînées de Syrie, marque, selon plusieurs experts, un tournant majeur pour les Kurdes du pays.
Avant la chute de Bachar al-Assad, ces derniers avaient longtemps revendiqué une forme d’autonomie. Le changement de pouvoir a toutefois conduit Washington à réorienter sa politique et son soutien vers les nouvelles autorités de Damas.
Parallèlement, l’EI a perdu le contrôle de son dernier territoire en Syrie en 2019, même si des cellules du groupe restent actives dans le pays.
« Les circonstances ont changé aujourd’hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation », a ajouté M. Abdi.
Il a néanmoins souligné que le droit à l’enseignement en langue kurde demeure une revendication essentielle de la population kurde, rappelant que le président Ahmad al-Chareh s’était engagé à plusieurs reprises à préserver ce droit.
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