SOS Méditerranée dénonce l’escalade des violences contre les migrants et les secours

Modifié : 11h18 par Nadia Bencheikh

La situation se tend encore en Méditerranée centrale. SOS Méditerranée dénonce une multiplication des menaces contre les migrants mais aussi contre les navires qui leur portent secours. L’ONG met en cause des acteurs libyens et des groupes armés et pointe également la coopération européenne avec la Libye en matière de lutte contre l’immigration.

SOS Méditerranée dénonce l’escalade des violences contre les migrants et les secours
Des interceptions de plus en plus violentes et des navires de sauvetage pris en chasse jusque dans les eaux internationales. SOS Méditerranée alerte sur ce qu’elle décrit comme un environnement devenu de plus en plus hostile en Méditerranée centrale.
Entre juin et juillet, l’ONG affirme avoir recensé au moins sept incidents impliquant des navires liés à des acteurs libyens, parfois non identifiés. Certains se seraient approchés à grande vitesse des bateaux de sauvetage ou les auraient suivis pendant plusieurs heures.
 
SOS Méditerranée signale également une présence accrue de vedettes rapides liées à différents groupes armés libyens. Certaines auraient percuté délibérément des embarcations transportant des migrants en détresse ou effectué des manœuvres mettant leur vie en danger.
 
L’ONG rappelle qu’il y a un an, son navire, l’Ocean Viking, avait essuyé plus d’une centaine de tirs lors d’une attaque qu’elle avait imputée aux garde-côtes libyens. Aucun blessé n’avait été signalé, mais SOS Méditerranée réclame toujours une enquête indépendante pour établir les responsabilités.
 
L’organisation met également en cause l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire.
Une situation d’autant plus préoccupante que la mortalité augmente sur cette route. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 821 personnes sont mortes ou ont disparu en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, soit 111 % de plus qu’un an auparavant, alors que les arrivées ont, elles, chuté de 46 %.