Sophie Adenot de retour sur Terre : huit mois dans l’espace qui ont bouleversé sa vie

Modifié : 13h53 par Radio Orient avec l'AFP

L’astronaute française Sophie Adenot a retrouvé la Terre après huit mois passés dans l’espace, une expérience intense qui l’a confrontée à toute une palette d’émotions.

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Samedi, lors de sa première apparition publique à Cologne, en Allemagne, elle a raconté les difficultés physiques et les bouleversements personnels provoqués par cette mission exceptionnelle.

Âgée de 44 ans, la Française est apparue encore affaiblie à son arrivée au Centre européen des astronautes. Soutenue par deux chirurgiens de l’Agence spatiale européenne (ESA), elle a néanmoins tenu à rejoindre le pupitre à pied, sous les applaudissements de ses collègues, de ses proches et du personnel présent.

Jeudi, Sophie Adenot et ses trois coéquipiers, deux Américains et un Russe, avaient amerri dans l’océan Pacifique après un voyage de retour de 27 heures à bord d’une capsule spatiale. Après avoir été pris en charge sur un navire, les astronautes ont rejoint le centre de la NASA à Houston, aux États-Unis.

Avec 235 jours passés à bord de la Station spatiale internationale (ISS), Sophie Adenot a établi un nouveau record de durée de séjour dans l’espace pour un astronaute européen, hommes et femmes confondus.

Un retour marqué par des émotions intenses

Décrivant son retour sur Terre, l’astronaute a évoqué un véritable mélange d’émotions, entre le bonheur de retrouver ses proches et les difficultés liées à la réadaptation à la gravité terrestre.

Le moment le plus éprouvant a été l’attente après l’amerrissage. Pendant une vingtaine de minutes, la capsule a été fortement secouée par une mer agitée. Lorsque les équipes de secours l’ont finalement extraite de l’appareil, elle leur a lancé avec humour qu’elle souhaitait repartir dans l’espace, estimant que la vie en apesanteur était finalement plus facile.

Au cours de sa prise de parole, Sophie Adenot a eu du mal à retenir ses larmes à plusieurs reprises. Elle a expliqué que les émotions vécues dans l’espace pouvaient prendre des formes très différentes, allant d’une joie intense à des moments particulièrement bouleversants.

Elle considère cette aventure comme une expérience profondément transformatrice, qui marque désormais une séparation nette entre sa vie d’avant et celle d’après.

Une nouvelle perspective sur la planète

Depuis la Station spatiale internationale, située à environ 400 kilomètres d’altitude, l’astronaute affirme avoir développé une vision différente de la Terre et des tensions qui traversent le monde. Vue depuis l’espace, la planète lui est apparue comme un bien commun précieux, sans frontières ni divisions visibles.

Cette expérience illustre également l’importance de la coopération internationale. Pendant huit mois, Sophie Adenot a vécu et travaillé avec des astronautes de différentes nationalités au sein de l’ISS, symbole majeur de collaboration scientifique entre les États-Unis, la Russie, l’Europe, le Japon et le Canada depuis plus de 25 ans.

Présente à Cologne pour l’accueillir, la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, a salué le parcours de la colonelle Adenot, ancienne pilote d’hélicoptère de l’armée, en la présentant comme une ambassadrice de la France dans l’espace et une représentante de la coopération internationale.

Cette collaboration a résisté aux tensions diplomatiques entre Moscou et les pays occidentaux, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Toutefois, l’avenir de la station est désormais limité : les partenaires prévoient de poursuivre son exploitation jusqu’en 2030, avant sa désorbitation contrôlée au-dessus de l’océan Pacifique. Le coût élevé du programme figure parmi les raisons de cette décision.

Le changement climatique observé depuis l’espace

Mère d’un enfant, Sophie Adenot a également confié combien il pouvait être difficile de se trouver loin de ses proches lorsqu’un événement inquiétant survient sur Terre. Installée ces dernières années dans le bassin d’Arcachon, elle a notamment été marquée par les incendies qui ont touché cette région l’été dernier.

Son séjour en orbite lui a aussi permis d’observer les conséquences du changement climatique, notamment l’assèchement de certains lacs et le recul de la mer d’Aral. Ces observations ont renforcé sa conviction quant à la nécessité de préserver la planète.

Une longue période de récupération

Après plusieurs mois passés en apesanteur, l’astronaute doit désormais entamer une phase de réadaptation qui pourrait s’avérer longue. Les séjours prolongés dans l’espace entraînent notamment une diminution de la masse musculaire et osseuse, ainsi que des modifications du fonctionnement cardiovasculaire.

Sophie Adenot a comparé cette période à un nouvel apprentissage de la vie, expliquant avoir l’impression de devoir réapprendre certains gestes, comme un bébé qui apprend à marcher.

Au-delà de l’exploit humain, les missions de longue durée à bord de l’ISS permettent de réaliser des centaines d’expériences scientifiques et d’étudier les effets de l’apesanteur sur le corps humain. Ces recherches sont essentielles pour préparer les futures missions habitées vers la Lune et, à plus long terme, vers Mars.