Retrait américain de Syrie : fin de 12 ans, début de nouveaux équilibres  

Modifié : 15h59 par Radio Orient

 Washington a annoncé le retrait complet de ses forces en Syrie dans les 30 prochains jours, marquant la fin d’une présence militaire commencée fin 2014, après la bataille de Kobané contre l’État islamique.

Retrait américain de Syrie : fin de 12 ans, début de nouveaux équilibres   

Environ 1 000 soldats, plusieurs véhicules blindés et systèmes radar, ainsi que des bases comme Qasr K, al-Shadadi et al-Tanf, seront désactivés dans les semaines à venir.

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Ce retrait n’est pas un simple mouvement militaire mais un repositionnement stratégique, motivé par la montée en puissance de la nouvelle autorité syrienne dirigée par Ahmed al-Charaa, et par l’intégration progressive des Forces démocratiques syriennes(FDS) dans l’armée nationale.

Impacts sur le terrain et défis à venir
Les FDS, anciennement partenaires opérationnels, se voient progressivement intégrées à l’armée syrienne tout en conservant certaines administrations locales à Hassaké et Raqqa.

Le président al-Charaa supervise cette intégration et prend le contrôle direct des anciennes bases américaines ainsi que des champs pétrolifères d’al-Omar et de Ramlah, dont la production pourrait augmenter de 30 à 50 % si l’administration et les investissements se stabilisent.

Le spectre de l’EI n’a pas disparu : les frappes aériennes et la coopération en matière de renseignement limiteront une résurgence massive, mais des attaques ciblées restent possibles en cas de failles dans l’intégration ou de vides sécuritaires temporaires.

Répercussions régionales
La Turquie privilégie la coordination avec Damas pour éviter l’émergence d’une entité kurde autonome, tandis que la Russie consolide son rôle de garant de l’unité territoriale et de soutien politique et économique.

L’Iran perçoit le retrait comme une opportunité d’étendre son influence à l’ouest sans confrontation directe avec le gouvernement syrien. Le Kurdistan irakien devient le nouveau centre du déploiement américain, désormais axé sur le contrôle aérien et la pression stratégique plutôt que sur une présence permanente au sol.

Pour le nord-est syrien, la période à venir sera une phase de transition : stabilité fragile à court terme mais potentiellement durable si l’intégration des forces locales et la gestion des champs pétrolifères sont efficaces.

Ainsi, Washington ne quitte pas réellement la Syrie, mais en change la forme. Damas gagne en souveraineté, les FDS perdent leur indépendance militaire mais obtiennent des garanties temporaires, et la Turquie, la Russie et l’Iran entrent dans une nouvelle phase de redistribution de l’influence.

Les 30 prochains jours ne marquent pas la fin de la guerre contre l’EI, mais testent la capacité de la nouvelle autorité syrienne à gérer le pays sans protection américaine directe.