Rafale dans le ciel, chiens antiexplosifs au sol : la France verrouille la visite du pape

Modifié : 0h27 par Radio Orient

Trois villes, des centaines de milliers de fidèles et un pape en visite en France pour la première fois depuis plusieurs années : du 25 au 28 septembre, Léon XIV se rendra à Paris, Lourdes et Metz, dans un contexte sécuritaire et géopolitique particulièrement sensible.

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Cette visite religieuse constitue l’un des principaux défis sécuritaires de l’année pour les autorités françaises. Soldats de l’opération « Sentinelle », chiens détecteurs d’explosifs, démineurs, plongeurs spécialisés, hélicoptères, chasseurs Rafale et moyens de surveillance aérienne : un dispositif à plusieurs niveaux sera mobilisé pour protéger le souverain pontife et les foules attendues.

Plus de 1 000 militaires à Paris

Les 25 et 26 septembre, le nombre de militaires déployés à Paris et dans sa proche banlieue sera multiplié par trois, dépassant le millier contre environ 300 habituellement.

Le colonel François Onis, conseiller du gouverneur militaire de Paris, explique au Journal du Dimanche que les forces seront notamment mobilisées autour de sites sensibles liés à la communauté juive, qui célèbre Souccot. Ce dispositif doit permettre aux autres forces de sécurité de concentrer davantage leurs moyens autour du pape.

La police ne disposant que d’une vingtaine de chiens spécialisés dans la détection d’explosifs, l’armée fournira quinze chiens supplémentaires accompagnés de leurs maîtres. Une soixantaine de spécialistes du déminage participeront également à la sécurisation des lieux avant les déplacements du pape.

Une équipe de plongeurs spécialisés inspectera par ailleurs les eaux de la Seine autour de Notre-Dame de Paris afin de détecter d’éventuels explosifs.

Une « bulle de protection » dans le ciel

La menace aérienne, notamment celle des drones, fait l’objet d’une attention particulière. L’armée de l’Air et de l’Espace déploiera une « bulle de protection » au-dessus de Paris, Lourdes et Metz.

« Tout dépend de la taille du drone et de sa dangerosité. Nous n’enverrons pas un Rafale contre un petit drone », résume un porte-parole militaire.

Les appareils suspects pourront être détectés grâce à des capteurs électromagnétiques avant que leurs communications ne soient brouillées. Les signaux échangés avec leur système de commande pourront également être triangulés afin de localiser leur opérateur.

Les informations recueillies seront centralisées dans les centres de commandement tactique grâce à la « situation aérienne partagée » (SAP), qui fusionne les données des différents capteurs.

En cas de menace plus importante, des hélicoptères Fennec et des chasseurs Rafale seront prêts à intervenir. À Lourdes, où une foule particulièrement importante est attendue, un drone Reaper assurera également une surveillance continue.

L’expérience de Paris 2024

La France s’appuiera enfin sur l’expérience acquise lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Les dispositifs déployés à cette occasion ont permis aux forces françaises de perfectionner la sécurisation de rassemblements massifs.

Cette fois, l’enjeu est particulier : protéger le pape et des centaines de milliers de fidèles venus de toute l’Europe, dans un environnement où menaces aériennes, risques terroristes et tensions géopolitiques imposent une vigilance maximale.