Naufrage au large de Djibouti : 109 migrants morts et plus de 116 portés disparus

Modifié : 17h28 par Radio Orient avec l'AFP

Au moins 109 migrants, parmi lesquels 15 enfants, ont perdu la vie dans le naufrage d'une embarcation survenu dans la nuit du 8 au 9 octobre au large de Djibouti. Plus de 116 personnes sont toujours portées disparues, selon les informations communiquées dimanche par l'Organisation des Nations unies.

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D'après les témoignages des survivants, le bateau transportait environ 350 personnes qui tentaient de rejoindre le Yémen depuis Djibouti. L'embarcation a chaviré près de Guhere, au nord d'Obock, une ville côtière djiboutienne, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Nos équipes interviennent sur place avec les autorités locales afin d'apporter une assistance d'urgence », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l'OIM à Djibouti. Il a rappelé que ce drame illustre les dangers auxquels sont confrontés les migrants qui empruntent cette route dans l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie.

Parmi les 109 corps retrouvés figurent 52 hommes, 42 femmes et 15 enfants, dont neuf filles et six garçons. Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage. Selon l'OIM, tous les rescapés identifiés sont de nationalité éthiopienne.

L'organisation prend actuellement en charge 64 survivants dans son centre d'aide aux migrants situé à Obock. Ils bénéficient notamment de soins médicaux, d'un hébergement provisoire et d'une assistance alimentaire. Parallèlement, les autorités djiboutiennes poursuivent les recherches pour retrouver les personnes disparues.

Une route migratoire particulièrement dangereuse

Chaque année, des dizaines de milliers de migrants originaires de la Corne de l'Afrique traversent Djibouti avant de franchir le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre le Yémen. Beaucoup espèrent ensuite gagner les pays du Golfe afin d'y trouver un emploi, une meilleure stabilité et des conditions de vie plus favorables.

Selon l'OIM, la pauvreté, l'insécurité et les effets du changement climatique figurent parmi les principaux facteurs qui poussent ces personnes à entreprendre ce voyage périlleux. Ces déplacements se poursuivent malgré l'instabilité persistante au Moyen-Orient, notamment au Yémen.

Depuis le 10 septembre, plus de 20 000 arrivées en provenance d'Éthiopie ont été enregistrées à Djibouti. Sur la période allant du 1er janvier au 1er octobre 2026, ce chiffre atteint environ 178 000, selon les données de l'organisation.

Kennedy Omondi Okoth, porte-parole de l'OIM, a expliqué à l'AFP que la majorité des personnes empruntant cet itinéraire sont de nationalité éthiopienne ou somalienne. Il a également souligné que les dangers rencontrés au cours du trajet conduisent de nombreux migrants à rester bloqués à Djibouti.

L'OIM réclame davantage de moyens pour les secours

Face à la multiplication des risques, l'Organisation internationale pour les migrations appelle à renforcer les financements consacrés aux opérations de sauvetage et à l'aide d'urgence à Djibouti. Elle plaide également pour la mise en place de voies migratoires plus sûres afin de réduire les pertes humaines.

En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur la « route de l'Est », qui relie la Corne de l'Afrique au Yémen en passant par Djibouti, avant de se prolonger vers d'autres destinations.

Le nombre de personnes empruntant cet itinéraire a augmenté de 18 % sur la période considérée, selon l'OIM. Le dernier naufrage met une nouvelle fois en évidence les conséquences humaines de ces traversées maritimes et l'urgence de renforcer la protection des migrants.