Mobilisation du 7 novembre : 70 000 policiers et gendarmes déployés pour encadrer les manifestations en France

Modifié : 18h52 par Radio Orient avec l'AFP

Le gouvernement français a décidé de reconduire samedi 7 novembre un important dispositif de sécurité sur l’ensemble du territoire national.

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Quelque 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés, a annoncé vendredi 6 novembre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’un point presse. Le dispositif sera maintenu « en volume et en doctrine opérationnelle », avec l’engagement de 110 unités de forces mobiles, soit la quasi-totalité des effectifs disponibles.

Les forces territoriales de police et de gendarmerie participeront également à cette mobilisation. Le dispositif prévoit notamment le déploiement de 25 véhicules blindés Centaure et de 15 engins lanceurs d’eau. Les centres-villes feront l’objet d’une protection systématique, a assuré le ministre, rappelant que plusieurs arrêtés préfectoraux interdisent les rassemblements dans ces secteurs. Les organisateurs des manifestations déclarées ont, de leur côté, accepté des itinéraires qui évitent ces zones commerciales et centrales.

Laurent Nuñez a également demandé aux préfets de maintenir un niveau de contrôles équivalent à celui des précédentes journées de mobilisation. Il anticipe toutefois davantage d’initiatives spontanées et non déclarées, notamment en raison de l’absence d’organisations structurées pour encadrer certains rassemblements. Selon lui, la présence des syndicats et l’encadrement des cortèges permettent généralement de limiter les risques de débordements.

À Paris, la coordination des « gilets jaunes » a confirmé vendredi son intention de maintenir un rassemblement samedi à 14 heures place de la Concorde, malgré son interdiction par la préfecture de police. Ses représentants refusent de rejoindre le parcours intersyndical autorisé entre les places de la République et de la Nation.

« Nous irons à Concorde à 14 heures et nous y resterons jusqu’à 19 heures », a déclaré Benjamin Ball, membre de la coordination, à l’issue d’une rencontre avec les autorités. Les organisateurs justifient leur choix par la dimension symbolique de la place de la Concorde, située à proximité de l’Assemblée nationale et considérée comme un lieu de pouvoir politique.

L’avocat David Libeskind, qui représente les « gilets jaunes », a également annoncé avoir déposé une plainte pénale contre le préfet de police de Paris, Patrice Faure. Selon la coordination, la préfecture a refusé d’autoriser leur rassemblement et les a invités à rejoindre le parcours syndical prévu entre République et Nation.

Dans ses arrêtés, la préfecture de police a interdit plusieurs manifestations déclarées place de la Concorde, ainsi que quatre autres itinéraires proposés par différents collectifs, dont Vigimédias. En revanche, le rassemblement intersyndical pourra se dérouler entre 13 heures et 19 heures, avec un départ du cortège fixé à 14 heures.

Pour justifier l’interdiction du rassemblement à Concorde, le préfet évoque un contexte social particulièrement tendu, les violences urbaines survenues dans la capitale le 17 octobre ainsi que le risque d’infiltration de groupes violents susceptibles de provoquer des troubles à l’ordre public.

La préfecture a par ailleurs interdit les rassemblements aux abords des gares du Nord et de Lyon entre 8 heures et 23 h 30. Elle a également autorisé l’utilisation de drones pour la captation et la transmission d’images.

Les représentants des « gilets jaunes » contestent ces restrictions et dénoncent l’obligation de rejoindre une manifestation syndicale qui, selon eux, ne correspond pas à leurs revendications politiques. Ils défendent notamment la mise en place d’une démocratie directe et annoncent leur intention de maintenir leur rassemblement place de la Concorde, quitte à désobéir à l’interdiction préfectorale.

Dans une vidéo diffusée sur Bluesky, la coordination résume ses revendications autour de plusieurs thèmes : le pouvoir d’achat, la démocratie, les conditions de vie et la dignité. Elle affirme vouloir récupérer ce qu’elle estime avoir perdu, notamment le temps, l’argent et le pouvoir de décision.

De son côté, Laurent Nuñez a mis en garde contre la persistance d’appels à « la révolution » et à « l’insurrection », qu’il attribue à des mouvances d’ultragauche et d’extrême gauche radicale. Le ministre estime que le niveau de risque reste comparable à celui des précédents samedis et insiste sur la nécessité d'une intervention rapide et mobile des forces de sécurité.

Il a enfin réaffirmé sa volonté d’adopter une « grande fermeté républicaine » face aux éventuels actes de violence, de dégradation et de pillage.

Une mobilisation moins importante, mais un mouvement qui s’étend à l’Europe

Selon le site 17octobregiletjaune.net, 83 actions ont été déclarées en France pour ce samedi, un chiffre nettement inférieur à celui enregistré lors des précédentes journées de mobilisation, notamment le 17 octobre, qui avait comptabilisé plus de 1 000 actions.

Parallèlement, les organisations étudiantes et plusieurs unions syndicales régionales appellent à poursuivre la mobilisation. À Paris, un nouveau rassemblement est prévu sur le parcours autorisé reliant les places de la République et de la Nation.

L’intersyndicale regroupant les huit principales organisations syndicales françaises doit, quant à elle, se réunir lundi soir, à l’issue de la conférence sociale, afin de décider des prochaines étapes du mouvement. Elle affirme que seules des réponses concrètes à ses revendications pourront mettre fin à la mobilisation.

Enfin, la contestation contre la hausse du coût de la vie prend une dimension européenne. Des syndicats et des associations de défense du droit au logement issus de France, d’Espagne, du Portugal, de Belgique, d’Italie, du Royaume-Uni et de Grèce préparent des manifestations coordonnées à la fin du mois de novembre pour dénoncer la vie chère.