Mobilisation des lycéens et étudiants en France : le gouvernement appelle à la reprise des cours malgré la contestation

Modifié : 14h19 par Radio Orient avec l'AFP

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a appelé mardi 27 octobre à une reprise des cours, alors que la mobilisation des lycéens et des étudiants se poursuit malgré les nouvelles mesures annoncées par le gouvernement.

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Intervenant sur France 2, il a insisté sur la nécessité de reprendre les activités scolaires et universitaires, tout en maintenant le dialogue avec les organisations représentatives.

« Le travail doit reprendre lundi », a-t-il affirmé, rappelant que le droit de manifester ne devait pas empêcher les autres élèves et étudiants de poursuivre leurs études. Selon lui, les discussions avec les syndicats et les représentants de la jeunesse doivent continuer afin de trouver des solutions aux revendications exprimées.

Le ministre a également souligné les conséquences des interruptions de cours pour les nouveaux étudiants, dont certains n’ont pu suivre que quelques semaines d’enseignement depuis leur arrivée à l’université. Il a toutefois précisé que la reprise des cours ne signifiait pas la fin des négociations.

Des annonces gouvernementales jugées insuffisantes

Pour tenter de répondre à la colère de la jeunesse, le gouvernement a présenté lundi plusieurs mesures concernant l’orientation et les conditions d’études. Parmi elles figurent une transformation progressive de Parcoursup, prévue à partir de 2028, une plus grande transparence dès l’année prochaine, une limitation à 28 élèves par classe en seconde et une réorganisation des emplois du temps.

L’exécutif a également annoncé la création de 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, principalement en Île-de-France.

Ces propositions n’ont cependant pas convaincu les organisations étudiantes. Sur France Inter, Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), a estimé que les mesures annoncées ne correspondaient pas à l’ampleur des besoins. Elle réclame un investissement public plus important et une stratégie à long terme permettant de créer 250 000 places supplémentaires dans les formations demandées.

Selon elle, les annonces gouvernementales restent trop limitées géographiquement et concernent principalement les formations en BTS et en IUT, alors que les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur touchent l’ensemble du territoire et de nombreuses filières.

La France insoumise critique les mesures annoncées

La députée de La France insoumise (LFI), Clémence Guetté, a également dénoncé des mesures qu’elle juge insuffisantes. Invitée sur Franceinfo, elle a notamment critiqué la transformation de Parcoursup, estimant qu’elle pourrait se limiter à un simple changement de nom sans répondre aux problèmes de fond.

À l’inverse, Philippe Baptiste a défendu les évolutions prévues dès janvier. Il a promis une plateforme plus claire et plus simple, avec davantage de transparence sur les critères utilisés par les jurys pour sélectionner les candidats. Les candidats devraient également recevoir des explications lorsqu’une de leurs demandes d’admission est refusée.

Le ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas de supprimer Parcoursup, mais de transformer profondément son fonctionnement. Il a néanmoins écarté, pour cette année, la suppression de la mention du lycée d’origine, évoquant notamment la nécessité de disposer d’indicateurs anonymisés.

De son côté, l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a estimé que Parcoursup ne devait pas devenir le principal point de concentration des inquiétudes des jeunes, soulignant que leurs préoccupations dépassaient la seule question de l’orientation.

Des revendications plus larges sur les moyens de l’université

Clémence Guetté a également contesté le nombre de places supplémentaires annoncé ainsi que les mesures relatives aux bourses étudiantes. Elle réclame la création de 250 000 places dans les filières les plus demandées, accompagnée de la rénovation et de la construction d’universités. Le coût de ces investissements est estimé à cinq milliards d’euros, selon l’étude qu’elle a citée.

La députée a par ailleurs rappelé que son groupe avait déposé dix amendements budgétaires correspondant aux revendications des lycéens, pour un montant total de dix milliards d’euros. Elle affirme que cette somme pourrait être compensée par les recettes attendues du rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune.

Pour Philippe Baptiste, les propositions du gouvernement constituent avant tout une base de discussion pour poursuivre les négociations. Les représentants syndicaux des personnels de l’Éducation nationale devaient également être reçus mardi matin par le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray.

Anaïs Ella, porte-parole de l’organisation Les Lycéens !, a pour sa part insisté sur la nécessité d’associer les lycéens, les étudiants, les syndicats et les enseignants aux décisions à venir.

Les organisations de jeunesse maintiennent la mobilisation

Malgré les annonces gouvernementales, l’intersyndicale de la jeunesse, qui rassemble notamment la FAGE, l’Union étudiante, l’UNEF et l’Union syndicale lycéenne, a appelé à poursuivre le mouvement. Les organisations Les Lycéens ! et Renouveau lycéen ont également défendu la poursuite des actions.

Clémence Guetté a soutenu cette mobilisation, accusant le gouvernement d’avoir privilégié la répression et les critiques contre La France insoumise plutôt que de répondre aux revendications des jeunes.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé sur RTL que les autorités se préparaient aux prochaines manifestations, soulignant le rôle des mesures de sécurité dans la gestion des rassemblements.

Alors que les organisations de jeunesse réclament des engagements plus importants sur l’orientation, les moyens universitaires et les conditions d’études, le gouvernement entend poursuivre les discussions tout en appelant à la reprise des cours.