Mobilisation des lycéens en France : plus de 6 800 gardes à vue, l’ONU alerte sur les violences

Modifié : 15h31 par Radio Orient avec l'AFP

Plus de 6 800 personnes, dont 86 % de mineurs, ont été placées en garde à vue depuis le début du mouvement de contestation lycéenne, à la mi-septembre.

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Selon le bilan judiciaire communiqué vendredi par le ministère de la Justice, 21 personnes ont également été placées en détention provisoire dans le cadre des violences survenues en marge des manifestations.

D’après la Chancellerie, 2 376 personnes font actuellement l’objet de poursuites judiciaires, parmi lesquelles 65 % ont été déférées devant la justice. Les mesures de détention provisoire concernent 15 adultes et six mineurs.

L’ONU exprime ses préoccupations face aux violences

Lancée le 17 septembre, la mobilisation des lycéens intervient à six mois de l’élection présidentielle. Les manifestants réclament notamment une amélioration des conditions d’apprentissage, la rénovation des établissements scolaires et la suppression de la sélection opérée par la plateforme d’orientation Parcoursup.

Si le mouvement est principalement porté par des revendications liées à l’éducation, plusieurs rassemblements ont été marqués par des incidents, notamment des incendies de poubelles, des dégradations de mobilier urbain et des départs de feu dans certains bâtiments. Le gouvernement a condamné ces actes, tandis que les interventions policières ont suscité de vives critiques.

Vendredi, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a fait part de son inquiétude concernant les incidents survenus lors des manifestations et des blocages de lycées en France.

Lors d’un point de presse à Genève, sa porte-parole, Shabia Mantoo, a indiqué que l’organisation suivait attentivement une situation dans laquelle certains rassemblements avaient dégénéré en violences.

L’ONU a appelé les différents acteurs à préserver le caractère pacifique des manifestations et à veiller à ce que les forces de l’ordre n’utilisent pas une force disproportionnée. Elle a également rappelé que le droit de réunion pacifique devait être respecté.

Le gouvernement rejette les accusations de répression policière

Les critiques visant les méthodes d’intervention des forces de l’ordre occupent une place importante dans les rassemblements, où les slogans contre les violences policières accompagnent les revendications concernant le manque de moyens dans l’Éducation nationale.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement contesté les accusations faisant état de consignes politiques visant à réprimer le mouvement. Mercredi, devant l’Assemblée nationale, il a qualifié de « mensonge » les affirmations évoquant de telles instructions, estimant qu’elles portaient atteinte à l’image de la police. Il a également reconnu que des « accidents » pouvaient se produire.

Les inquiétudes se sont renforcées après plusieurs incidents graves impliquant des adolescents. À Lens, dans le Pas-de-Calais, un jeune de 15 ans a perdu une main à la suite de l'explosion d'une grenade lundi. À Tours, en Indre-et-Loire, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil lors d’un blocus. Le parquet a indiqué que les lésions constatées étaient compatibles avec un tir de lanceur de balles en caoutchouc.

De nouvelles mobilisations prévues mardi

Jeudi, les manifestations ont de nouveau marqué plusieurs villes françaises. À Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l’ordre en début de soirée, avec notamment l’utilisation de gaz lacrymogènes.

Alors que les tensions persistent entre les manifestants et les autorités, l’intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé à une nouvelle journée de grève et de manifestations mardi prochain, quelques jours avant le début des vacances scolaires.

Cette nouvelle mobilisation devrait maintenir la pression sur le gouvernement, confronté à la fois aux revendications des lycéens, aux critiques concernant les interventions policières et aux appels internationaux au respect des libertés fondamentales.