Mobilisation contre la vie chère : tensions et affrontements dans plusieurs villes françaises
Modifié : 18h27 par Radio Orient avec l'AFP
La journée de mobilisation contre la vie chère, organisée notamment à l’appel d’anciens Gilets jaunes et de jeunes, a été marquée samedi par des tensions et des affrontements dans plusieurs villes françaises.
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À six mois de l’élection présidentielle, les organisateurs souhaitent relancer la dynamique du mouvement des Gilets jaunes, apparu en 2018 et 2019, qui avait profondément marqué le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Cette mobilisation s’inscrit également dans un contexte de protestation des lycéens et des étudiants, qui réclament une amélioration de leurs conditions d’études.
L’appel à manifester s’adressait à une large partie de la population, notamment aux habitants des quartiers populaires, aux agriculteurs, aux ouvriers et aux retraités. Les participants étaient invités à se rassembler dans les rues, sur les ronds-points, à proximité des stations-service, des péages et sur les principaux axes de circulation.
Des dégradations à l’hôtel de ville de Lille
À Lille, plusieurs manifestants ont forcé les accès à la mairie en brisant des portes vitrées. Certains ont pénétré dans le bâtiment et endommagé une partie des locaux avant de quitter les lieux, selon un journaliste de l’AFP.
Des membres des compagnies républicaines de sécurité (CRS) sont ensuite intervenus pour vérifier que le bâtiment était vide. Parallèlement, des affrontements entre plusieurs centaines de manifestants et les forces de l’ordre ont éclaté dans le centre-ville à partir de 14 heures, en marge d’un défilé pacifique organisé dans l’après-midi.
Un rassemblement non déclaré repoussé près de l’Élysée
À Paris, un cortège non déclaré qui se dirigeait vers le palais de l’Élysée a été repoussé par les forces de l’ordre, selon la préfecture de police. Le nombre de participants n’a pas été communiqué.
Les autorités avaient auparavant interdit les manifestations dans plusieurs secteurs sensibles de la capitale, notamment aux abords de l’Élysée et de Matignon.
Marine Le Pen accuse l’extrême gauche de récupérer le mouvement
Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a dénoncé ce qu’elle considère comme une récupération des revendications sociales par l’extrême gauche. Elle a notamment mis en cause Jean-Luc Mélenchon, figure de La France insoumise.
De son côté, Jordan Bardella, président du RN, a critiqué les personnes qu’il qualifie de « professionnels du chaos ». Éric Ciotti, allié du parti, a également dénoncé ce qu’il a appelé le « fascisme rouge » dans les rues.
Jean-Luc Mélenchon critique la couverture médiatique des violences
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé la diffusion continue d’images d’affrontements sur les chaînes d’information. Selon lui, ces images ne reflètent pas le déroulement de l’ensemble des rassemblements, dont une grande partie se serait déroulée dans le calme.
Marine Tondelier, dirigeante des Écologistes et présente dans le cortège parisien, a pour sa part demandé au gouvernement de revoir sa doctrine du maintien de l’ordre. Elle estime que les méthodes employées peuvent mettre en danger aussi bien les manifestants que les policiers.
272 interpellations recensées à l’échelle nationale
Dans un bilan communiqué à 15 heures, le ministère de l’Intérieur a annoncé 272 interpellations dans le pays et signalé plusieurs incidents graves, notamment à Marseille et à Lyon.
Selon les chiffres du ministère, les rassemblements ont réuni environ 20 000 personnes à Lyon et à Nantes, ainsi que 10 000 à Rennes.
Les autorités ont également signalé la présence de plusieurs centaines d’individus vêtus de noir, associés aux mouvances d’ultragauche. Elles leur attribuent notamment des affrontements avec les forces de l’ordre, des pillages ou tentatives de pillage de commerces ainsi que des dégradations de bâtiments publics.
À Lyon, un bâtiment de l’office du tourisme incendié
À Lyon, une antenne de l’office du tourisme a été dégradée puis incendiée en marge de la mobilisation. Les pompiers ont rencontré des difficultés pour accéder aux lieux.
Les faits se sont produits près de la place Bellecour, où des groupes de jeunes cagoulés ont lancé des projectiles et des mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre. Les policiers ont répondu par des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement. Un canon à eau a également été utilisé contre des manifestants et des individus cagoulés.
Des affrontements autour de la place de la République à Paris
La principale manifestation parisienne a commencé à 14 h 30, comme prévu, malgré des affrontements survenus auparavant dans le centre de la capitale.
Selon la préfecture de police, plusieurs centaines d’individus, principalement issus de l’ultragauche, s’en sont pris directement aux forces de l’ordre en lançant différents projectiles, notamment des pierres.
Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et d’un canon à eau afin de disperser les groupes violents et de permettre aux autres participants de rejoindre le cortège.
Intrusion de manifestants dans la mairie de Marseille
À Marseille, plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de l’hôtel de ville. Ils ont renversé un buste de Marianne et endommagé du mobilier.
Les participants ont forcé la porte en bois de la mairie, située sur le Vieux-Port, à l’aide de barrières de sécurité et de coups de pied, tout en scandant des slogans révolutionnaires.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a annoncé avoir obtenu des renforts policiers après un échange téléphonique avec Emmanuel Macron. Il a également demandé des explications sur l’organisation du dispositif de maintien de l’ordre.
À Bordeaux, le rassemblement tourne à l’affrontement
À Bordeaux, la manifestation a rapidement dégénéré en heurts entre des groupes radicaux et les forces de l’ordre.
Selon la préfecture de la Gironde, environ 7 000 personnes ont participé au rassemblement, parmi lesquelles des lycéens, des étudiants, des militants politiques et syndicaux ainsi que des agriculteurs. Des individus vêtus de noir et cagoulés étaient également présents et scandaient des slogans hostiles à la police.
Le cortège s’est élancé avant l’horaire prévu, avant que des affrontements n’éclatent dans plusieurs rues commerçantes du centre-ville, donnant lieu à des confrontations directes entre certains manifestants et les forces de l’ordre.
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