Les frappes russes accentuent la pression sur l’économie ukrainienne

Modifié : 12 septembre 2026 à 21h58 par Radio Orient avec l'AFP

L’économie ukrainienne pourrait subir un nouveau choc en 2026, alors que l’intensification des attaques russes contre les infrastructures et les secteurs stratégiques menace de réduire la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,5 point.

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Les autorités ukrainiennes prévoient déjà un hiver particulièrement difficile.

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le système énergétique ukrainien a été lourdement endommagé. Ces derniers mois, Moscou a renforcé ses attaques à l’aide de missiles et de drones, mettant à rude épreuve les capacités de défense antiaérienne de Kiev.

Les frappes touchent désormais plusieurs secteurs essentiels à l’économie du pays. Les infrastructures portuaires et les routes d’exportation des céréales en mer Noire sont notamment visées, alors que les industries métallurgiques et les réseaux logistiques, notamment ferroviaires, subissent également d’importants dégâts.

« La situation économique est aujourd’hui extrêmement difficile », a déclaré le Premier ministre Serguiï Koretsky lors du forum annuel Yalta European Strategy (YES), organisé à Kiev. Il a souligné que l’intensité des bombardements avait fortement augmenté, entraînant des destructions de plus en plus importantes.

Le ministre de l’Économie, Oleksandre Kravtchenko, a pour sa part averti que le pays devait se préparer à « un hiver très difficile ».

Des milliards de dollars de dégâts

Selon le gouvernement ukrainien, les destructions d’infrastructures provoquées par les attaques russes pourraient représenter près de 10 milliards de dollars de pertes en 2026.

La combinaison des dommages matériels et des perturbations des exportations maritimes pourrait également coûter 1,5 point de PIB à l’économie nationale. Certains experts occidentaux vont jusqu’à évoquer une situation potentiellement catastrophique.

Roksolana Pidlassa, présidente de la commission du budget du Parlement ukrainien, estime que la Russie cherche désormais à frapper directement les secteurs qui permettent à l’Ukraine de générer des revenus.

Les corridors céréaliers, les ports et les usines métallurgiques figurent ainsi parmi les principales cibles. Cette stratégie pourrait réduire davantage les recettes d’exportation du pays et compliquer son financement en pleine guerre.

Samedi, ArcelorMittal Kryvyï Rig, la plus grande aciérie d’Ukraine, a annoncé la mort de deux de ses employés après une frappe de missile russe contre le site industriel situé dans le centre du pays.

De son côté, l’Ukraine mène également des opérations contre des infrastructures situées en Russie, ciblant notamment des raffineries et des installations logistiques, en réponse aux attaques russes.

Zelensky appelle à une trêve énergétique et alimentaire

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky espère que le président américain Donald Trump pourra exercer une pression sur Moscou afin de permettre la réouverture des ports ukrainiens de la mer Noire et d’obtenir une suspension réciproque des attaques visant les infrastructures énergétiques.

Kiev redoute également les conséquences internationales de la perturbation des exportations céréalières. L’Ukraine est en effet l’un des principaux fournisseurs mondiaux de céréales, notamment pour plusieurs pays d’Afrique et d’Asie.

Volodymyr Zelensky a ainsi appelé à agir rapidement pour éviter une nouvelle aggravation de la situation. Selon lui, même en l’absence d’accord de paix, une trêve limitée aux infrastructures énergétiques et aux exportations alimentaires pourrait permettre de réduire les risques humanitaires et économiques.

« Si la paix est impossible aujourd’hui, nous pouvons au moins régler la question d’une trêve énergétique et d’une trêve alimentaire », a-t-il déclaré lors du forum YES.

Le coût de la guerre continue d’augmenter

Parallèlement aux dégâts matériels, les dépenses militaires ukrainiennes connaissent une forte progression. Selon Roksolana Pidlassa, le coût quotidien de la guerre est passé d’environ 140 millions de dollars en 2024 à près de 190 millions de dollars cette année.

Pour la première fois depuis le début du conflit, l’Ukraine a également commencé à utiliser une partie de l’aide internationale pour financer directement les salaires de ses militaires.

Le financement du déficit budgétaire demeure par ailleurs étroitement lié au soutien extérieur. Près de 29,5 milliards de dollars d’aide internationale prévus cette année restent conditionnés à l’adoption par le Parlement ukrainien de plusieurs textes législatifs.

Parmi ces mesures figurent notamment des réformes anticorruption demandées par les partenaires européens. Leur adoption intervient dans un contexte marqué par plusieurs scandales de corruption ayant récemment touché de hauts responsables ukrainiens.

Le Parlement rencontre toutefois des difficultés pour faire avancer certains projets de loi, notamment ceux prévoyant des mesures fiscales impopulaires, comme l’instauration d’une taxe sur les colis expédiés depuis l’étranger.

Face à la multiplication des attaques et à l’augmentation des dépenses militaires, l’Ukraine doit donc relever un double défi : préserver ses infrastructures essentielles tout en maintenant à flot une économie fortement dépendante de l’aide internationale.