Législatives au Maroc : le PAM en tête sur fond de forte abstention et de retour du PJD
Modifié : 17h16 par Radio Orient avec l'AFP
Les élections législatives organisées mercredi au Maroc ont confirmé la domination des principales forces de la coalition gouvernementale sortante, avec le Parti authenticité et modernité (PAM) en tête.
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Le scrutin a toutefois été marqué par une faible participation, limitée à 38 %, l'un des niveaux les plus bas enregistrés depuis près de deux décennies.
L'abstention, particulièrement importante chez les jeunes, figurait parmi les principaux enjeux de cette élection, organisée moins de deux mois après la crise migratoire de Ceuta. L'arrivée massive de migrants, pour la plupart marocains, vers l'enclave espagnole avait mis en lumière les difficultés auxquelles une partie de la jeunesse est confrontée, notamment en matière d'emploi et de perspectives sociales.
Cette situation contraste avec les investissements importants engagés par le royaume, notamment dans les infrastructures et les grands projets liés à la préparation de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l'Espagne et le Portugal.
Selon les résultats annoncés jeudi matin, le PAM obtient 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. Ne disposant pas de la majorité absolue, le parti devra négocier la formation d'une nouvelle coalition gouvernementale.
Le futur chef du gouvernement devra être issu du parti arrivé en tête, tandis que le roi Mohammed VI désignera la personnalité chargée de former le nouvel exécutif. Dans le système politique marocain, le souverain conserve par ailleurs un rôle central dans les grandes orientations stratégiques du pays.
Les noms évoqués pour diriger le prochain gouvernement
Plusieurs personnalités du PAM sont citées pour prendre la tête du futur gouvernement. Parmi elles figure Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football.
Autre figure importante du parti, Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l'Aménagement du territoire et maire de Marrakech, est également présentée par la presse marocaine comme une possible candidate au poste de cheffe du gouvernement. Elle pourrait ainsi devenir la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du Maroc.
Durant la campagne électorale, le PAM avait notamment promis de porter la croissance moyenne à 5 % par an, de maintenir l'inflation autour de 2 % et de créer au moins un million d'emplois au cours de la prochaine législature.
Créé en 2008 par Fouad Ali El Himma, conseiller du roi Mohammed VI, le PAM avait notamment été présenté comme une force destinée à faire contrepoids aux formations islamistes. El Himma s'était ensuite éloigné de la direction du parti dans le contexte du Printemps arabe.
Le RNI et l'Istiqlal complètent le trio de tête
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dont est issu l'actuel chef du gouvernement Aziz Akhannouch, arrive en deuxième position avec 66 sièges. Le parti enregistre ainsi un recul par rapport aux élections législatives de 2021.
L'Istiqlal, autre composante de la coalition gouvernementale sortante, occupe la troisième place avec 65 députés.
Le principal changement du scrutin concerne toutefois le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste d'opposition. Le parti réalise une nette progression en passant de 13 sièges lors du précédent scrutin à 54 sièges.
Le PJD avait notamment axé sa campagne sur la lutte contre la corruption, l'amélioration du pouvoir d'achat, l'emploi des jeunes et le renforcement des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation.
Dans la nuit suivant l'annonce des résultats, son secrétaire général, l'ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, a fait état d'irrégularités présumées dans certains bureaux de vote. Les autorités n'avaient pas encore officiellement réagi à ces accusations.
Une jeunesse confrontée aux inégalités
La question de la participation électorale s'inscrit dans un contexte de défiance d'une partie de la jeunesse envers les institutions politiques. Cette situation avait notamment été illustrée par la crise migratoire de Ceuta ainsi que par le mouvement GenZ 212, apparu sur les réseaux sociaux à l'automne 2025.
Ce collectif, animé par des initiateurs anonymes, avait mobilisé des jeunes autour des difficultés rencontrées dans les secteurs de la santé et de l'éducation publiques, avant de perdre progressivement de son ampleur.
Ses membres avaient notamment adressé leurs revendications directement au roi Mohammed VI et critiqué la politique menée par le gouvernement d'Aziz Akhannouch.
Dans les manifestations, un slogan résumait l'une des principales revendications : « Nous voulons des hôpitaux, pas seulement des stades ».
Le Maroc poursuit pourtant d'importants investissements dans ses infrastructures, avec la construction et la rénovation de stades, l'extension du réseau ferroviaire à grande vitesse et la modernisation de plusieurs aéroports, dans la perspective notamment des grands événements sportifs à venir.
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