Le Maroc franchit une étape historique avec la nomination d’une femme à la tête du gouvernement
Modifié : 20h38 par Radio Orient avec l'AFP
Le roi Mohammed VI a nommé mardi Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain, une première dans l’histoire du pays.
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Coordinatrice nationale du Parti Authenticité et Modernité (PAM), elle a été reçue au palais royal de Rabat avant d’être officiellement chargée de former le nouveau gouvernement, selon un communiqué du cabinet royal.
Le PAM, formation de centre droit et membre de la coalition gouvernementale sortante, est arrivé en tête des élections législatives organisées la semaine dernière, obtenant 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Le scrutin a toutefois été marqué par une participation de seulement 38 %, l’un des taux les plus faibles enregistrés depuis près de deux décennies.
Ne disposant pas de la majorité absolue, Fatima Ezzahra El Mansouri devra engager des discussions avec d’autres formations politiques afin de constituer une coalition capable de gouverner pendant les cinq prochaines années. Au Maroc, le roi conserve néanmoins un rôle central dans la définition des grandes orientations stratégiques du pays.
Des défis économiques et sociaux importants
La nouvelle cheffe du gouvernement devra notamment faire face à plusieurs difficultés économiques et sociales, parmi lesquelles le chômage, les inégalités et le manque de perspectives pour une partie de la jeunesse. Ces préoccupations ont été particulièrement mises en évidence ces derniers mois, notamment après l’arrivée massive de migrants marocains vers l’enclave espagnole de Ceuta à la fin du mois de juillet.
Dans ce contexte, l’un des principaux enjeux du nouveau gouvernement sera de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions et dans l’action publique.
Durant la campagne électorale, le PAM avait notamment promis de parvenir à une croissance économique moyenne de 5 % par an, de contenir l’inflation autour de 2 % afin de préserver le pouvoir d’achat et de créer au moins un million d’emplois au cours du prochain mandat.
Une recomposition du paysage politique
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), dirigé par le chef du gouvernement sortant Aziz Akhannouch, a terminé deuxième avec 66 sièges, enregistrant un recul d’environ trente sièges par rapport aux élections législatives de 2021. Le Parti de l’Istiqlal arrive en troisième position avec 65 sièges. Ces deux formations faisaient également partie de la coalition gouvernementale précédente.
Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD), de tendance islamiste, a enregistré une nette progression. Il obtient 54 sièges, contre seulement 13 lors du précédent scrutin. Son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, a toutefois exclu, au lendemain des élections, une participation de son parti à la future majorité gouvernementale.
La formation du prochain gouvernement devrait ainsi donner lieu à des négociations entre plusieurs partis, dans un contexte marqué à la fois par une recomposition politique et par de fortes attentes sociales et économiques.
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