Le détroit d’Ormuz au cœur d’une nouvelle escalade, le pétrole franchit les 100 dollars
Modifié : 9 septembre 2026 à 22h15 par Radio Orient avec l'AFP
La situation continue de se détériorer dans le Golfe. L’Iran a annoncé mercredi avoir pris pour cible plusieurs navires qui tentaient de traverser le détroit d’Ormuz, provoquant une nouvelle hausse des prix du pétrole.
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Téhéran affirme également vouloir élargir prochainement la zone maritime soumise à une autorisation préalable de navigation.
Les autorités iraniennes présentent ces opérations comme une riposte aux frappes américaines menées mardi contre plusieurs pétroliers iraniens. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé des actions américaines qu’il considère comme une menace pour la sécurité régionale et internationale, invoquant le droit à la légitime défense.
Selon les Gardiens de la Révolution, deux navires américains, huit pétroliers et dix autres bâtiments auraient été visés alors qu’ils tentaient de franchir le détroit d’Ormuz. Cette voie maritime stratégique est soumise à de fortes restrictions iraniennes depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient à la fin du mois de février.
L’agence maritime britannique UKMTO a, de son côté, signalé plusieurs navires en feu dans différentes zones du Golfe. Aucun bilan précis concernant d’éventuelles victimes n’a toutefois été communiqué dans l’immédiat.
Une nouvelle pression sur les marchés pétroliers
Cette nouvelle série d’attaques représente, selon plusieurs analystes, une étape supplémentaire dans l’escalade militaire. La situation a immédiatement eu des répercussions sur les marchés de l’énergie.
L’Iran exige désormais des navires souhaitant emprunter le détroit d’Ormuz qu’ils obtiennent une autorisation de navigation. Cette exigence est rejetée par les États-Unis ainsi que par plusieurs pays de la région.
Téhéran avait également annoncé dimanche la mise en place prochaine d’une « zone interdite » à proximité du détroit. Les Gardiens de la Révolution ont précisé mercredi que cette zone s’étendrait à certaines parties du golfe d’Oman et de la mer d’Arabie. Les navires qui y pénétreraient sans autorisation pourraient faire l’objet de sanctions.
Les forces iraniennes ont par ailleurs revendiqué des frappes contre une base aérienne située en Jordanie et utilisée par les forces américaines. Selon l’armée jordanienne, 18 missiles ont été interceptés.
Le détroit d’Ormuz toujours fortement perturbé
La veille, les forces américaines avaient annoncé avoir détruit cinq pétroliers, dans le cadre des représailles engagées après des attaques iraniennes visant un navire militaire américain.
Les Gardiens de la Révolution ont confirmé mercredi que cinq pétroliers avaient été attaqués mardi. Dans la soirée, la télévision d’État iranienne a également fait état d’une explosion d’origine encore indéterminée dans le sud du pays, à proximité du détroit d’Ormuz.
Depuis le début du conflit, le trafic maritime dans cette zone stratégique est fortement réduit. Cette perturbation affecte directement les marchés mondiaux de l’énergie et contribue à la volatilité des prix du pétrole.
Vers 14 heures GMT mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 100,96 dollars, en hausse de 3,10 %. Il s’agit de la première fois depuis juillet que le cours franchit à nouveau le seuil symbolique des 100 dollars.
Téhéran fixe ses conditions pour mettre fin au conflit
Les Gardiens de la Révolution ont également affirmé que la guerre avec Washington pourrait prendre fin si les États-Unis renonçaient à toute nouvelle menace contre l’Iran et répondaient à plusieurs exigences formulées par Téhéran.
Parmi ces conditions figurent la fin des menaces américaines, le retrait des forces israéliennes du Liban, la levée du blocus imposé au Yémen, le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés ainsi que l’arrêt de toute intervention concernant les programmes nucléaire et balistique de l’Iran.
Le dossier nucléaire reste au centre des tensions entre Téhéran et les puissances occidentales. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a notamment indiqué que des travaux de construction s’étaient intensifiés au cours de la dernière année sur le mont Kolang, dans le centre de l’Iran, où un complexe nucléaire souterrain serait susceptible de se trouver.
Mercredi, le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a voté en faveur du renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies, en raison du non-respect présumé par Téhéran de certaines de ses obligations nucléaires.
Les négociations toujours dans l’impasse
Un protocole d’accord conclu en juin entre l’Iran et les États-Unis, destiné à favoriser une sortie de crise au Moyen-Orient, s’est finalement effondré en juillet. Depuis, les négociations restent au point mort.
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé mercredi que le régime iranien était proche de l’effondrement. Il a affirmé que l’objectif principal restait de mettre fin au pouvoir en place à Téhéran.
Alors que les affrontements se poursuivent, le détroit d’Ormuz demeure ainsi l’un des principaux points de tension du conflit. Toute nouvelle perturbation du trafic maritime pourrait accentuer les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie et maintenir les prix du pétrole à des niveaux élevés.
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