La reprise des affrontements entre Washington et Téhéran fait bondir les cours du pétrole

Modifié : 2 septembre 2026 à 11h18 par Radio Orient avec l'AFP

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ravivent l’inquiétude sur les marchés financiers.

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Après plusieurs semaines d’accalmie, la reprise des échanges de frappes entre l’Iran et les États-Unis entraîne une nouvelle flambée des cours du pétrole, alors que les investisseurs redoutent les conséquences économiques d’un conflit qui s’intensifie.

Le baril de WTI, principale référence pétrolière américaine, s’échangeait cette nuit autour de 90,74 dollars, en hausse de 0,58 %, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis la fin du mois de juillet. De son côté, le Brent de la mer du Nord progressait de 0,88 %, à 95,45 dollars.

Cette progression intervient après une séance déjà marquée par une forte hausse des prix. Le WTI avait gagné 5,20 %, tandis que le Brent avait progressé de 4,60 % la veille.

Les marchés financiers sous pression

Le regain de tensions entre les deux pays pèse également sur les marchés obligataires et boursiers. Les rendements des emprunts d’État poursuivent leur ascension, atteignant dans plusieurs grandes économies des niveaux inédits depuis plusieurs décennies. Les investisseurs commencent en effet à anticiper une remontée durable des taux d’intérêt, notamment en raison des nouvelles pressions inflationnistes liées à l’énergie.

Après une période durant laquelle Washington avait principalement mis l’accent sur la confrontation économique, l’Iran a lancé mercredi des attaques contre des bases militaires américaines situées dans le Golfe. Cette riposte intervient après une nouvelle série de frappes américaines visant le territoire iranien.

Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes

La situation est d’autant plus préoccupante que le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie, est désormais pratiquement paralysé. En temps normal, près d’un cinquième du pétrole et du gaz consommés dans le monde transite par cette voie maritime.

La perturbation des flux énergétiques, combinée au maintien de prix élevés du pétrole, fait craindre une accélération de l’inflation. À cela s’ajoutent les inquiétudes liées à l’augmentation des dépenses publiques et à l’important volume d’émissions de dette des entreprises.

Ces différents facteurs poussent les investisseurs à exiger des rendements plus élevés pour détenir des obligations souveraines, ce qui contribue mécaniquement à la hausse des coûts d’emprunt des États.

Les rendements obligataires atteignent des niveaux historiques

Au Royaume-Uni, le rendement des obligations d’État à 30 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 1998. Le taux à 10 ans évolue, lui aussi, à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise financière mondiale de 2007-2008.

Au Japon, le rendement des obligations à 10 ans a atteint un sommet inédit depuis trois décennies. Aux États-Unis, le rendement des Treasuries à 30 ans se rapproche de ses niveaux de 2007, tandis que celui des obligations à 10 ans évolue à des niveaux comparables à ceux observés pendant la crise financière.

Pour Rajeev De Mello, de Gama Asset Management, les marchés obligataires étaient déjà sous tension avant la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran. La nouvelle envolée des prix du pétrole ne fait qu’accentuer les craintes concernant l’inflation et les perspectives économiques.

Selon lui, la progression des rendements obligataires constitue désormais un sérieux obstacle pour les marchés actions asiatiques, particulièrement pour les entreprises technologiques dont les valorisations sont fortement sensibles à l’évolution des taux d’intérêt.