La France pousse l’Europe à agir pour soutenir l’industrie chimique

Modifié : 14h56 par Radio Orient avec l'AFP

La France appelle l’Union européenne à accélérer la mise en place de mesures destinées à soutenir et à protéger l’industrie chimique européenne face aux difficultés croissantes du secteur.

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À l’issue d’une réunion organisée à distance avec plusieurs pays européens, le ministre français délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a estimé que la situation nécessitait désormais des décisions concrètes. « Sur la chimie, l’heure n’est plus au diagnostic, mais à l’action », a-t-il déclaré vendredi 18 septembre, appelant la Commission européenne à « prendre des mesures concrètes et rapides pour protéger et renforcer notre production ».

La réunion, coorganisée par la France et les Pays-Bas, a réuni quinze pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la République tchèque.

Selon le ministère français de l’Industrie, les participants ont trouvé plusieurs points de convergence. Parmi les principales priorités figurent le renforcement des instruments de défense commerciale, le soutien aux investissements dans les sites industriels considérés comme stratégiques et la promotion de l’utilisation de molécules essentielles produites au sein de l’Europe.

Un secteur confronté à de fortes pressions

L’industrie chimique européenne fait face à une concurrence internationale accrue, notamment en provenance des États-Unis et de la Chine. Très dépendant du gaz et des produits dérivés du pétrole, le secteur est également particulièrement exposé à la hausse des coûts de l’énergie et aux tensions géopolitiques.

Face à ces difficultés, la Commission européenne échange depuis plusieurs mois avec les acteurs du secteur afin d’élaborer un dispositif de soutien comparable à ceux mis en place pour d’autres filières industrielles considérées comme stratégiques, notamment l’acier et l’automobile.

Toutefois, les besoins diffèrent fortement selon les activités et les segments de la chimie. Pour mieux définir les priorités, un groupe de travail consacré aux produits chimiques critiques, baptisé « Alliance pour les produits chimiques critiques », doit identifier les substances et les productions considérées comme essentielles au fonctionnement de l’économie européenne.

Cette instance rassemble plusieurs parties prenantes, dont le Conseil européen de l’industrie chimique (Cefic). Une nouvelle réunion est prévue le 8 octobre dans l’est de la France.

Des critiques concernant l’influence des industriels

L’initiative européenne suscite toutefois des réserves de la part de certaines organisations environnementales. Dans un rapport publié début juillet, Corporate Europe Observatory et le Bureau européen de l’environnement (EEB) ont critiqué le fonctionnement de cette alliance.

Les deux ONG estiment que le dispositif pourrait accorder une influence importante aux industriels déjà présents dans le secteur lors de la définition des substances considérées comme critiques. Elles regrettent également que les enjeux liés à la réduction de la toxicité de certaines productions et à la lutte contre les pollutions soient, selon elles, insuffisamment pris en compte.

Les organisations citent notamment les secteurs des plastiques et des PFAS, des substances souvent qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement.

Elles redoutent ainsi que certaines substances jugées problématiques ou dangereuses soient classées parmi les produits chimiques critiques et puissent, à ce titre, bénéficier d’un soutien accru des pouvoirs publics européens.