L’Union européenne suspend les importations de produits carnés brésiliens à partir de jeudi
Modifié : 31 août 2026 à 22h12 par Radio Orient avec l'AFP
L’Union européenne a annoncé la suspension, à compter de jeudi, des importations de plusieurs produits alimentaires en provenance du Brésil, notamment la volaille, la viande bovine, les œufs et le miel.
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Bruxelles demande aux autorités brésiliennes de fournir des garanties supplémentaires concernant le respect des normes sanitaires européennes.
La Commission européenne estime pour l’instant que le Brésil n’a pas apporté suffisamment de preuves attestant de la conformité de ses produits avec la réglementation de l’UE, notamment en matière d’utilisation des antibiotiques dans l’élevage.
Une porte-parole de la Commission européenne a toutefois souligné lundi soir que le Brésil demeurait un partenaire important pour l’Union européenne. Elle a précisé que des discussions étaient en cours avec les autorités brésiliennes afin de parvenir à une mise en conformité avec les exigences européennes. La reprise des exportations sera possible dès que cette conformité aura été officiellement démontrée.
La mesure concerne également les importations d’œufs et de miel. Pour le moment, Bruxelles n’a fixé aucune date précise pour leur reprise.
S’agissant de la volaille et du miel, un audit est actuellement mené et devrait prendre fin vendredi. Si les résultats sont jugés satisfaisants et que les États membres donnent leur accord, les exportations de volaille brésilienne vers le marché européen pourraient reprendre dans les prochaines semaines.
La situation pourrait toutefois évoluer plus lentement pour la viande bovine. La Commission européenne explique que les délais nécessaires pour démontrer la conformité varient selon les secteurs, en raison notamment de la durée des cycles de production propres aux différentes espèces animales.
Cette décision intervient alors que l’Union européenne cherche à réaffirmer sa vigilance en matière de normes sanitaires. Bruxelles a notamment fait l’objet de critiques de la part du secteur agricole et de la France après la conclusion, en janvier 2026, d’un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur : l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.
Le Brésil occupe une place importante dans les échanges de viande avec l’Union européenne. En 2025, il était le deuxième fournisseur de viande bovine de l’UE, avec plus de 92 000 tonnes exportées, pour une valeur dépassant 713 millions d’euros.
La réglementation européenne interdit l’utilisation d’antimicrobiens dans l’élevage lorsqu’elle vise à stimuler la croissance des animaux ou à améliorer leur rendement. Elle interdit également le recours à certains antimicrobiens destinés exclusivement au traitement des infections humaines.
Ces règles s’inscrivent dans la stratégie européenne de lutte contre l’antibiorésistance, qui vise à limiter l’utilisation excessive ou injustifiée des antibiotiques et à préserver leur efficacité.
La résistance des bactéries et autres microbes aux médicaments constitue aujourd’hui un problème majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la résistance aux antimicrobiens est directement à l’origine de plus d’un million de décès chaque année et contribue à près de cinq millions de décès supplémentaires.
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