L’or redéfinit la sécurité financière mondiale
Modifié : 26 janvier 2026 à 12h24 par Radio Orient
La flambée historique de l’or dépasse la logique des marchés. Portée par les banques centrales et les grandes institutions, elle révèle un basculement profond : le métal jaune ne protège plus seulement contre les crises, il s’impose comme un rempart face à l’instabilité structurelle du système financier mondial.
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Trois questions s’imposent désormais :
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Comment les hypothèses sur lesquelles reposaient les anciennes prévisions de l’or se sont-elles effondrées ?
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Jusqu’où le métal jaune peut-il aller si le déséquilibre du système financier mondial s’aggrave ?
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À quelles conditions une correction deviendrait-elle possible… et pourquoi ces conditions semblent aujourd’hui hors de portée ?
Ce qui s’est produit sur le marché de l’or lors de la séance du 26 janvier 2026 ne peut être réduit à une simple hausse des prix, ni à un sursaut spéculatif passager. Il s’agit d’un basculement structurel dans la fonction même de l’or au sein du système financier mondial.
Avec une once atteignant 5 086 dollars, en progression quotidienne de plus de 106 dollars (+2,14 %), le mouvement observé dépasse la logique classique des marchés. Il traduit une revalorisation du concept de sécurité financière lui-même. Les volumes d’échange confirment que cette dynamique est portée non par l’investisseur individuel, mais par les institutions financières, les grands fonds et, surtout, les banques centrales.
Une bulle… ou une réévaluation fondée ?
Si l’or a déjoué l’ensemble des prévisions antérieures, c’est parce que celles-ci reposaient sur des hypothèses désormais obsolètes : une stabilité géopolitique relative, un système monétaire maîtrisable et le rôle incontesté du dollar comme monnaie de réserve mondiale.
Or, ces piliers se sont progressivement effondrés. Les tensions géopolitiques ne relèvent plus de crises ponctuelles, mais constituent désormais un état permanent du système international : guerre en Ukraine, instabilité persistante au Moyen-Orient, conflits commerciaux, redéfinition des zones d’influence — du Groenland à l’Asie — et transformation de la politique commerciale américaine en instrument de pression stratégique globale.
Dans ce contexte, l’or ne sert plus de couverture contre une crise spécifique. Il devient une assurance contre l’instabilité structurelle du système mondial lui-même.
Dollar contre or : le duel entre monnaie et réserve de valeur
Le facteur monétaire joue ici un rôle central. La relation inverse entre l’or et le dollar n’est plus simplement technique ou conjoncturelle : elle est stratégique.
Chaque recul de la confiance dans les monnaies fiduciaires se traduit mécaniquement par une hausse de la demande pour un actif qui n’est adossé à aucun engagement souverain. L’or ne concurrence plus les actions ou les obligations ; il concurrence désormais la monnaie elle-même, dans sa fonction fondamentale de réserve de valeur.
Banques centrales : l’or hors de la logique du rendement
Le facteur le plus profond réside toutefois dans le comportement des banques centrales. Des achats dépassant 1 000 tonnes par an ne relèvent pas d’une stratégie d’investissement classique, mais d’une décision souveraine.
La Chine, l’Inde, la Russie et de nombreux pays émergents n’accumulent pas de l’or pour maximiser un rendement, mais pour recomposer leurs réserves, réduire leur dépendance au dollar, se prémunir contre les sanctions et se protéger de la politisation croissante du système financier international.
6 000, 7 000 dollars… et au-delà
Les projections sur le prix futur de l’or ne s’inscrivent plus dans les fourchettes traditionnelles. Les grandes institutions évoquent désormais des niveaux compris entre 5 400 et 5 600 dollars l’once. Certains scénarios avancent 6 400 dollars, tandis que les hypothèses les plus extrêmes n’excluent pas 7 000 dollars, si trois facteurs convergent :
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une poursuite de l’affaiblissement du dollar ;
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une escalade géopolitique durable ;
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le maintien des achats massifs des banques centrales.
À l’inverse, une correction nécessiterait une rupture radicale de cette dynamique : retour à une stabilité politique globale, reprise économique mondiale robuste et reflux de la demande institutionnelle. Autant de conditions qui, à ce stade, ne montrent aucun signe tangible de réalisation.
L’or ne grimpe pas… il alerte
Aujourd’hui, l’or ne progresse pas par excès de cupidité, mais sous l’effet d’une peur organisée. Il ne s’agit pas de la crainte de l’investisseur individuel, mais de celle des États, des institutions et des systèmes financiers eux-mêmes.
La question centrale n’est donc plus de savoir si l’or va corriger, mais si le système financier mondial dispose encore des outils nécessaires pour restaurer la confiance sans lui.
Tant que ces outils resteront absents ou insuffisants, l’or ne sera pas seulement un actif en hausse. Il continuera d’être le miroir d’une crise mondiale bien plus profonde que les fluctuations du marché.
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