Italie : Giorgia Meloni impose sa réforme électorale controversée malgré les critiques de l’opposition
Modifié : 18h47 par Radio Orient avec l'AFP
Les députés italiens ont adopté, jeudi 8 octobre, une réforme de la loi électorale vivement contestée par les partis d’opposition.
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Ces derniers accusent la Première ministre, Giorgia Meloni, de vouloir modifier les règles du scrutin afin de renforcer ses chances de conserver le pouvoir lors des élections législatives prévues en 2027.
Le texte a été approuvé par 227 voix contre 164. Il prévoit qu’une coalition recueillant plus de 42 % des suffrages bénéficie d’un avantage en sièges lui permettant d’obtenir une majorité parlementaire. Avant le vote, la dirigeante d’extrême droite avait menacé de démissionner si sa réforme n’était pas adoptée, exerçant ainsi une pression sur les partis de sa coalition.
Sur le réseau social X, Giorgia Meloni a salué l’adoption de la réforme, estimant qu’elle permettrait aux électeurs de choisir directement leur parti, leur coalition, leur programme, leur candidat au poste de Premier ministre et leurs représentants au Parlement. Giovanni Donzelli, député du parti Fratelli d’Italia, a également présenté cette nouvelle loi comme une transformation majeure du système électoral italien.
Le gouvernement défend une réforme destinée à renforcer la stabilité
L’exécutif italien justifie cette réforme par la nécessité de garantir une plus grande stabilité politique. Il affirme que les partis et les coalitions devront présenter leur programme de gouvernement et désigner leur candidat au poste de Premier ministre avant les élections, afin de rendre les choix électoraux plus clairs pour les citoyens.
Cependant, cette obligation pourrait fragiliser le centre gauche, dont les différentes formations restent divisées sur plusieurs questions politiques et sur le choix d’un candidat commun à la tête du gouvernement. L’opposition, qui s’était engagée à rejeter le projet, dénonce une réforme favorable à la majorité actuelle, alors que le texte avait déjà obtenu l’approbation du Sénat.
Giuseppe Conte, ancien chef du gouvernement et dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S), a vivement critiqué le dispositif. Selon lui, cette réforme constitue un mécanisme complexe, élaboré principalement pour procurer un avantage électoral à la majorité lors du prochain scrutin.
Bien que Giorgia Meloni et ses alliés disposent toujours d’une majorité parlementaire, des tensions sont apparues au sein de leur coalition à l’approche des élections. Le recours à un scrutin à bulletin secret jeudi a notamment illustré les incertitudes entourant l’unité de la majorité.
La Première ministre a néanmoins affirmé que son camp restait uni et déterminé à respecter ses engagements envers les électeurs, répondant ainsi aux spéculations sur d’éventuelles divisions au sein du centre droit.
Un pari électoral qui pourrait se retourner contre Meloni
Malgré l’adoption du texte, certains observateurs estiment que cette réforme pourrait produire l’effet inverse de celui recherché et favoriser une victoire de la gauche lors des prochaines élections.
Giovanni Orsina, politologue à l’université Luiss de Rome, considère que le nouveau système pourrait rendre la compétition électorale plus ouverte et exposer la droite à un risque accru de défaite.
La réforme repose sur un système proportionnel assorti d’un mécanisme majoritaire. Toute coalition dépassant le seuil de 42 % des suffrages pourrait bénéficier de sièges supplémentaires, avec 70 sièges attribués à la Chambre des députés et 35 au Sénat. Toutefois, atteindre ce niveau pourrait représenter un défi aussi bien pour la droite que pour la gauche.
Giorgia Meloni, qui dirige le gouvernement italien depuis octobre 2022, a déjà occupé cette fonction plus longtemps que tout autre chef de gouvernement italien depuis la Seconde Guerre mondiale, selon le texte rapporté. Sa coalition fait cependant face à une concurrence croissante à l’extrême droite, notamment avec l’émergence de Futuro Nazionale (FN), le nouveau parti de l’ancien général Roberto Vannacci.
Même si Meloni a jusqu’à présent écarté la possibilité d’une alliance avec Vannacci, les sondages cités dans le texte accordent à son mouvement un soutien supérieur à celui de chacun des deux autres partenaires de Fratelli d’Italia au sein de la coalition : la Ligue et Forza Italia. Cette progression pourrait compliquer les calculs électoraux de la Première ministre.
Le mandat actuel de Giorgia Meloni doit prendre fin en octobre 2027. Toutefois, des élections anticipées pourraient être organisées dès avril ou mai de la même année. De leur côté, les partis d’opposition ont annoncé leur intention de saisir la justice pour contester la légalité de la nouvelle loi électorale avant la tenue du scrutin.
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