Israël : Netanyahu face à un scrutin décisif, sa survie politique en jeu

Modifié : 21h14 par Radio Orient avec l'AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu redouble d'efforts pour mobiliser son électorat à l'approche de la fermeture des bureaux de vote, mardi.

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Ces élections législatives, les premières organisées depuis le 7 octobre, sont marquées par une participation particulièrement élevée, jamais atteinte à ce stade depuis plus de cinquante ans.

Âgé de 77 ans, le chef du gouvernement multiplie les déclarations alarmistes, présentant ce scrutin comme une question de « survie pour l'État juif ». Dans le même temps, son parti a demandé un report de l'heure de clôture du vote, fixée à 20 h 00 GMT. La Commission électorale a toutefois rejeté cette requête, estimant qu'aucun élément ne justifiait une telle décision.

La forte mobilisation des électeurs semble susciter des inquiétudes dans le camp de Netanyahu. À 16 h 00 GMT, le taux de participation atteignait déjà 66,7 %, un niveau inédit à cette heure depuis le début des relevés en 1973.

Dès l'ouverture des bureaux, des journalistes de l'AFP ont constaté la présence de longues files d'attente dans plusieurs régions du pays, témoignant de l'importance de cette élection pour la population israélienne.

Des dizaines de milliers d'Israéliens vivant à l'étranger sont également rentrés au pays pour voter. C'est notamment le cas d'Eilana Zisblit, âgée de 55 ans et installée au Canada depuis près de trois décennies. Elle participe pour la première fois à une élection après être revenue spécialement en Israël.

« Le pays prend une mauvaise, une très mauvaise direction », explique-t-elle devant un bureau de vote dans le quartier de Jérusalem où elle a grandi. Selon elle, le moment est décisif : « C'est maintenant ou jamais », car le pays pourrait, à ses yeux, ne pas parvenir à surmonter la situation actuelle.

D'après les derniers sondages, la coalition de droite et d'extrême droite dirigée par Netanyahu se trouve au coude-à-coude avec le principal bloc d'opposition, emmené par Gadi Eisenkot, ancien chef de l'armée israélienne. Toutefois, aucun des deux camps ne semble assuré d'obtenir la majorité absolue des 61 sièges nécessaires à la Knesset. Cette situation pourrait ouvrir la voie à de longues négociations politiques après l'annonce des résultats.

Une campagne sous pression internationale

Le scrutin se déroule dans un contexte de critiques internationales croissantes concernant la conduite de la guerre dans la bande de Gaza, les violences en Cisjordanie occupée et l'expansion des colonies israéliennes. Ces controverses interviennent alors que le pays est dirigé par le gouvernement considéré comme le plus à droite de son histoire.

Les résultats sont suivis de près à l'échelle internationale, notamment en raison des nouvelles menaces formulées par Netanyahu à l'encontre de l'Iran, susceptibles d'aggraver un conflit dont les conséquences dépassent largement les frontières du Moyen-Orient.

Alors que les sondages anticipent un possible blocage politique, le vote de la minorité arabe israélienne, qui représente près de 20 % de la population, pourrait jouer un rôle déterminant. Cette communauté dénonce depuis longtemps les discriminations et les inégalités dont elle estime être victime.

À Oum al-Fahm, une ville majoritairement arabe du nord d'Israël, Asia Egbaria, une étudiante en droit de 23 ans, affirme avoir voté dans l'espoir d'un changement.

« Je veux du changement. Je ne veux plus être traitée comme une citoyenne de deuxième ou de troisième classe. Je veux simplement vivre en paix et sereinement », déclare-t-elle.

Cette minorité est également au centre des attaques de Netanyahu. Mardi, le Premier ministre a accusé le parti Raam de chercher à « voler l'élection », après l'arrestation de trois hommes en possession d'enveloppes contenant de l'argent liquide.

Les autorités électorales ont cependant qualifié l'affaire de « cas isolé ». De son côté, Gadi Eisenkot a accusé Netanyahu de préparer le terrain à une éventuelle contestation des résultats en cas de défaite.

Le dirigeant du parti Raam, Mansour Abbas, a pour sa part dénoncé des « mensonges » du Premier ministre, l'accusant de chercher à mobiliser davantage l'électorat de droite.

Dans un scrutin particulièrement serré, la participation record, le poids du vote arabe et l'incertitude autour de la majorité parlementaire pourraient ainsi déterminer l'avenir politique de Benjamin Netanyahu.