Israël : l’opposition cherche à écarter Nétanyahou du pouvoir, mais peine à s’entendre sur une alliance avec les partis arabes

Modifié : 19h02 par Radio Orient avec l'AFP

Les dirigeants de l’opposition israélienne ont affiché, mardi 3 novembre, leur volonté de mettre fin au gouvernement de Benyamin Nétanyahou et de constituer un « gouvernement d’urgence nationale ».

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Toutefois, les modalités de cette alternance restent incertaines, en raison des divergences persistantes au sein de leur camp.

Les cinq responsables du « bloc du changement », conduit par le centriste Gadi Eisenkot, se sont réunis pour la première fois depuis les élections législatives du 27 octobre, qui n’ont permis à aucun camp d’obtenir une majorité parlementaire. Cette rencontre avait pour objectif d’harmoniser leurs positions avant le lancement des consultations présidentielles avec Isaac Herzog, chargé de désigner le candidat qui tentera de former le prochain gouvernement.

Malgré leur opposition commune à Benyamin Nétanyahou, les différentes formations restent divisées sur plusieurs questions majeures. Le principal point de désaccord concerne notamment la possibilité de coopérer avec les partis arabes israéliens. Leur soutien pourrait pourtant permettre à l’opposition d’atteindre la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset.

Dans un communiqué publié après leur réunion à Herzliya, les responsables du bloc ont réaffirmé leur volonté de respecter le choix des électeurs, estimant que les résultats du scrutin expriment clairement une aspiration au changement et au départ du gouvernement actuel, qu’ils associent aux événements du 7 octobre 2023, date de l’attaque menée par le Hamas contre Israël.

Une majorité toujours difficile à construire

Avec 48 sièges, contre 53 pour les partis soutenant Nétanyahou, l’opposition n’a pas encore présenté de stratégie précise pour prendre le contrôle du Parlement. Ses dirigeants ont néanmoins évoqué la formation d’un « gouvernement sioniste », une formulation qui semble exclure une participation directe des partis arabes au futur exécutif, sans pour autant fermer la porte à un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur par leurs députés.

Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, une formation majoritairement arabe qui a obtenu 11 sièges, s’est déclaré disposé à soutenir un gouvernement opposé à Nétanyahou sans y participer directement. Il a ainsi appelé les responsables de l’opposition à tenir compte de la nouvelle configuration politique issue des urnes.

Par ailleurs, une éventuelle recomposition de la majorité pourrait également passer par un rapprochement avec les partis juifs ultraorthodoxes, actuellement alliés au Premier ministre sortant. Une telle coopération supposerait toutefois un accord sur la question du service militaire obligatoire pour tous, un dossier particulièrement sensible dans le contexte actuel, marqué par l’engagement de l’armée israélienne sur plusieurs fronts.

Les divergences persistent au sein du bloc du changement

Les dirigeants de l’opposition ont également vivement critiqué Benyamin Nétanyahou, l’accusant de mener une campagne visant à remettre en cause la légitimité des résultats électoraux. Ils ont notamment dénoncé ses accusations de fraude massive impliquant les partis arabes, sans qu'aucune preuve ne soit présentée à ce stade.

Avant la réunion d’Herzliya, le responsable de gauche Yaïr Golan avait rencontré Youssef Jabareen. Il demeure le seul dirigeant du bloc à défendre ouvertement une alliance avec les formations arabes. À l’inverse, le nationaliste Avigdor Liberman rejette catégoriquement cette possibilité, tandis que Gadi Eisenkot semble privilégier une autre voie, sans exclure explicitement toute forme de coopération.

De son côté, Benyamin Nétanyahou a réagi lundi soir en publiant un long message sur les réseaux sociaux. Il s’est dit prêt à engager un dialogue avec ses adversaires politiques et a appelé à la constitution d’une large coalition gouvernementale placée sous sa direction.

Les consultations menées par le président Isaac Herzog avec les différentes formations politiques doivent se tenir mercredi et jeudi. À leur issue, il confiera officiellement la mission de former un gouvernement à l’un des responsables politiques désignés.

Selon la pratique institutionnelle israélienne, le président choisit généralement le candidat bénéficiant du soutien du plus grand nombre de députés. Dans ce contexte, Gadi Eisenkot apparaît actuellement comme l’un des principaux favoris, même si les divisions au sein de l’opposition pourraient compliquer considérablement sa tâche.