Iran : un président s’excuse auprès du Golfe… mais les frappes se poursuivent
Modifié : 3h06 par Radio Orient
Au cœur d’une escalade régionale sans précédent, le président iranien Masoud Bezhskian a surpris en présentant des excuses aux pays du Golfe. Il a assuré que l’Iran ne cherche pas à attaquer ses voisins, qualifiant leurs populations de « frères et voisins ».
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Toutefois, l’apaisement reste conditionnel : l’Iran ne ciblerait les États du Golfe que si leur territoire est utilisé pour frapper Téhéran.
Cette déclaration intervient une semaine après le début des affrontements régionaux et alors que la zone subit des frappes iraniennes par missiles et drones. Ce qui semblait être un geste de détente s’est rapidement transformé en sujet de tension politique et militaire, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Réactions contrastées à Téhéran
Le discours de Bezhskian a provoqué un malaise au sein des Gardiens de la Révolution. Selon des sources proches du pouvoir, de nombreux responsables militaires ont jugé le ton trop conciliant pour le contexte d’affrontement ouvert avec Washington et Tel-Aviv.
Des responsables du corps d’élite ont ensuite réaffirmé que l’Iran riposterait fermement à tout soutien du Golfe aux États-Unis ou à Israël, révélant ce que les observateurs appellent une « double communication » au sein du régime.
Pour tenter d’apaiser les tensions, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a précisé que les propos de Bezhskian avaient été mal interprétés. Selon lui, l’Iran ne considère pas les pays du Golfe comme des ennemis et concentre ses opérations militaires sur des cibles américaines et israéliennes.
Néanmoins, ce message n’a pas suffi à dissiper les doutes sur la cohérence entre discours politique et action militaire, les frappes iraniennes visant encore des infrastructures civiles et économiques.
Scepticisme et mesures dans le Golfe
Les États du Golfe restent prudents. Quelques heures après l’excuse présidentielle, des attaques par drones et missiles ont touché des installations énergétiques et des zones civiles en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, ainsi que des bases militaires à Bahreïn et au Koweït. Les analystes régionaux jugent que l’excuse politique ne reflète pas la réalité des décisions militaires iraniennes.
Face à ces incertitudes, les pays du Golfe ont renforcé leur défense aérienne, intensifié la coordination militaire avec les États-Unis et multiplié les réunions de sécurité au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG).
Le vrai pouvoir en Iran
Ce débat relance la question récurrente : qui détient réellement le pouvoir à Téhéran ? La plupart des observateurs estiment que les décisions militaires et sécuritaires finales ne relèvent pas de la présidence ou du ministère des Affaires étrangères, mais des Gardiens de la Révolution.
Les déclarations présidentielles ou ministérielles restent donc avant tout des messages politiques, tandis que le corps d’élite détermine la conduite opérationnelle sur le terrain.
En définitive, la confiance du Golfe dans le discours iranien reste limitée. Pour beaucoup, l’excuse de Bezhskian relève davantage d’une manœuvre de communication que d’un véritable changement de politique, soulignant que le contrôle réel des opérations reste entre les mains du corps d’élite militaire iranien.
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