Iran : Pezeshkian appelle Washington à renouer avec la voie diplomatique
Modifié : 1er septembre 2026 à 21h03 par Radio Orient avec l'AFP
Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé mardi les États-Unis à respecter l’accord conclu en juin afin de mettre un terme au conflit au Moyen-Orient.
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Selon lui, le retour de Washington à une politique fondée sur les « pressions et les menaces » risque de compromettre les efforts diplomatiques, alors que les hostilités ont repris la veille.
S’exprimant lors d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), organisé au Kirghizstan, M. Pezeshkian a souligné l’importance de disposer de garanties permettant d’assurer le respect des engagements américains. Il a estimé que l’absence de telles garanties pourrait remettre en cause la voie diplomatique.
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Le président iranien a également affirmé que Téhéran était prêt à renouer immédiatement avec ses engagements en faveur de la fin des hostilités, à condition que Washington revienne au protocole d’accord signé en juin.
« Si les États-Unis respectent à nouveau leurs engagements dans le cadre de cet accord, l’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques », a-t-il déclaré.
Une trêve fragilisée
Conclu à la mi-juin, le protocole d’accord d’Islamabad avait pour objectif de mettre fin aux affrontements déclenchés à la fin du mois de février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Ces attaques avaient notamment entraîné la mort du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
L’accord n’a toutefois pas résisté longtemps. Les hostilités ont repris au début du mois de juillet, avant une période d’accalmie en août. Cette trêve a été de nouveau fragilisée lundi, après des frappes américaines contre le détroit d’Ormuz, auxquelles l’Iran a répondu en ciblant des installations américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
À la fin du mois d’août, Washington avait par ailleurs imposé de nouvelles sanctions secondaires visant les partenaires commerciaux de l’Iran, dans le but d’accroître la pression économique sur Téhéran.
Le soutien de Moscou à Téhéran
En marge du sommet de l’OCS, Massoud Pezeshkian a remercié le président russe Vladimir Poutine pour ses prises de position concernant le conflit au Moyen-Orient.
Le dirigeant russe a, de son côté, réaffirmé sa solidarité avec le peuple iranien et salué la détermination de Téhéran à défendre ses intérêts nationaux. Il a également transmis son soutien au nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, qui n’est pas apparu publiquement depuis le début du conflit.
L’OCS veut promouvoir un monde multipolaire
Le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai constitue surtout une occasion pour les dirigeants membres d’afficher leur unité, malgré les divergences qui existent entre plusieurs pays. Les décisions prises au sein de cette organisation ont généralement une portée limitée.
La question du conflit en Ukraine n’a pas été abordée publiquement durant le sommet. Vladimir Poutine s’est néanmoins entretenu pendant environ une heure et demie avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. La Turquie a déjà accueilli plusieurs cycles de négociations visant à mettre fin à cette guerre.
Le président russe et son homologue chinois Xi Jinping ont également échangé en marge du sommet sur les relations entre Moscou et Pékin. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le conflit ukrainien n’a été évoqué que de manière superficielle.
Moscou et Pékin cherchent à promouvoir, à travers l’OCS, leur vision d’un ordre international multipolaire destiné à réduire la domination qu’ils attribuent aux États-Unis.
Vladimir Poutine a ainsi affirmé que les nouvelles organisations régionales multilatérales s’intégraient dans l’architecture d’un monde multipolaire, aux côtés des Nations unies.
Une organisation influente mais divisée
Créée pour renforcer la coopération entre ses membres, l’OCS a connu un nouvel essor ces dernières années sous l’impulsion de la Chine et de la Russie. L’organisation entend notamment renforcer son poids face à l’influence occidentale.
Elle rassemble dix États membres : la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Pakistan, le Tadjikistan et le Bélarus. Elle compte également quinze partenaires de dialogue, parmi lesquels la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que deux États observateurs, dont l’Afghanistan.
Malgré son poids démographique et économique considérable, l’organisation reste marquée par d’importantes divergences internes. La Russie et la Chine se livrent notamment à une concurrence d’influence en Asie centrale, tandis que les relations entre Pékin, New Delhi et Islamabad demeurent parfois tendues.
Selon l’expert en relations internationales Mohammad Hassan Najmi, interrogé par l’AFP avant le sommet, l’efficacité de ces alliances demeure incertaine. Il estime que, lors des précédentes périodes de crise, elles ont rarement permis à l’Iran de résoudre concrètement ses difficultés.
L’OCS affirme représenter près de 40 % de la population mondiale et environ un quart du produit intérieur brut mondial, mais son hétérogénéité constitue toujours un obstacle à une action commune plus efficace.
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