Iran : Mojtaba Khamenei désigné nouveau guide 

Modifié : 18h02 par Marc-Aurèle Barez

Dix jours après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei dans des frappes israélo-américaines, son fils Mojtaba Khamenei a été choisi pour lui succéder à la tête de la République islamique. Longtemps resté dans l’ombre mais considéré comme l’un des hommes les plus influents du régime, il incarne la continuité du pouvoir iranien.

r

Une influence longtemps exercée dans l’ombre

Longue barbe poivre et sel, lunettes et turban noir : à 56 ans, Mojtaba Khamenei accède officiellement au sommet du pouvoir iranien. Pourtant, l’homme demeure largement méconnu.

Jusqu’ici, il ne détenait aucune fonction officielle, malgré une influence reconnue au sein des cercles dirigeants de la République islamique.

Formé à la théologie dans la ville sainte chiite de Qom, son nom circulait depuis plusieurs années comme possible successeur de son père, l’ayatollah Ali Khamenei. Discret dans les médias comme lors des cérémonies officielles, il a longtemps cultivé une présence en retrait.

Cette discrétion a nourri de nombreuses spéculations sur son rôle réel. Certains opposants au régime le décrivent même comme un acteur clé du pouvoir, voire comme l’un des véritables décideurs en coulisses. Selon plusieurs accusations d’opposants, Mojtaba Khamenei aurait notamment joué un rôle dans la répression des grandes manifestations qui ont secoué l’Iran en 2009.

Un conservateur au cœur de l’appareil sécuritaire

Considéré comme proche des cercles conservateurs, Mojtaba Khamenei entretient également des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution. Le Trésor américain affirme qu’il aurait travaillé en étroite collaboration avec la Force Al-Qods, l’unité chargée des opérations extérieures de la République islamique.

Une enquête de Bloomberg le présente par ailleurs comme un homme disposant d’une fortune importante, constituée notamment grâce à un réseau de sociétés écrans à l’étranger.

Sa nomination intervient dans un contexte de fortes tensions internationales. Son épouse a été tuée dans les mêmes frappes qui ont coûté la vie à son père. Aux États-Unis, le président Donald Trump a déclaré qu’il refuserait cette succession et qu’aucun nouveau guide suprême « ne tiendra longtemps » sans son accord. Israël a de son côté averti que tout successeur serait désormais une « cible ».

À l’inverse, la Russie a rapidement affiché son soutien. Le président Vladimir Poutine, allié de Téhéran, a assuré Mojtaba Khamenei de son « soutien indéfectible ».