Iran–États-Unis : Téhéran refuse tout dialogue sous la menace et appelle au respect mutuel
Modifié : 15h24 par Radio Orient avec l'AFP
Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé vendredi que toute négociation avec Washington devait se dérouler sans pression ni menace, estimant que le dialogue ne pourrait aboutir qu'à travers le respect mutuel et des engagements réciproques.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_09_at_14_13_321791551973718.jpeg)
Cette déclaration intervient alors que les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient restent dans l'impasse.
S'exprimant lors du sommet de la Communauté des États indépendants (CEI), organisé à Avaza, au Turkménistan, le dirigeant iranien a insisté sur la nécessité de réunir des conditions favorables à des discussions constructives entre les deux pays.
La veille, Massoud Pezeshkian s'était entretenu avec le président russe Vladimir Poutine, qui a proposé l'aide de Moscou pour contribuer à un règlement du conflit. Le chef du Kremlin a assuré que la Russie était prête à mobiliser ses moyens pour favoriser une désescalade, affirmant que l'Iran déployait des efforts réels pour mettre fin aux hostilités déclenchées à la fin du mois de février par des frappes américano-israéliennes.
Les deux dirigeants participent au sommet de la CEI, qui réunit habituellement neuf anciennes républiques soviétiques, avec la participation de l'Iran cette année. La rencontre constitue également une occasion pour Moscou et Téhéran de consolider leur coopération diplomatique, économique et militaire.
Vladimir Poutine a notamment salué l'évolution positive des relations entre les deux pays, qui se sont rapprochés depuis le lancement de l'offensive russe en Ukraine en 2022. Kiev et les pays occidentaux ont accusé Téhéran d'avoir fourni à la Russie des drones Shahed ainsi que des missiles de courte portée. De son côté, Moscou est soupçonné d'avoir transmis à l'Iran des renseignements permettant de cibler des intérêts américains au Moyen-Orient.
La précédente rencontre entre les présidents russe et iranien avait eu lieu en septembre, au Kirghizstan, en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les deux pays ont progressivement renforcé leurs relations sur plusieurs fronts.
La CEI face aux ambitions de Moscou et à la diversification des partenariats
Fondée en décembre 1991, dans les derniers jours de l'Union soviétique, la Communauté des États indépendants avait pour vocation de préserver les relations entre les anciennes républiques soviétiques et de faciliter le règlement de leurs différends économiques, politiques et institutionnels.
Selon Janibek Arynov, spécialiste de la géopolitique de l'Asie centrale basé au Kazakhstan, l'organisation a joué un rôle important durant les années 1990, mais son fonctionnement a peu évolué depuis cette période.
Plusieurs pays ont progressivement pris leurs distances avec cette structure. La Géorgie l'a quittée après la guerre russo-géorgienne de 2008, tandis que l'Ukraine a interrompu sa participation à la suite de l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014. La Moldavie a, quant à elle, annoncé son retrait en 2023, dans le cadre de son rapprochement avec l'Union européenne.
Malgré ces départs, Moscou conserve une influence importante dans la région. Pour Temour Oumarov, chercheur au Centre Carnegie Russie-Eurasie, la CEI demeure un instrument permettant à la Russie d'affirmer et d'institutionnaliser son influence dans son voisinage.
Toutefois, les autres membres de l'organisation cherchent de plus en plus à diversifier leurs relations économiques et diplomatiques, notamment en développant leurs échanges avec la Chine et les pays occidentaux.
Janibek Arynov souligne ainsi que l'utilisation de la plateforme par Moscou pour diffuser des positions hostiles à l'Occident ou à l'Ukraine ne signifie pas nécessairement que les autres États membres adhèrent à ces orientations.
Des perspectives diplomatiques toujours incertaines
Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, les frappes à longue portée se sont intensifiées ces derniers mois des deux côtés du front, accentuant les tensions régionales et internationales.
Parallèlement, les initiatives diplomatiques menées par les États-Unis pour parvenir à une issue pacifique au conflit au Moyen-Orient restent bloquées. Jeudi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a qualifié la situation de « très dangereuse », illustrant les difficultés persistantes à relancer les négociations.
Dans ce contexte, les déclarations de Massoud Pezeshkian confirment que Téhéran conditionne toute avancée avec Washington à l'absence de pressions et de menaces, tandis que la Russie cherche à renforcer son rôle diplomatique dans une région marquée par une forte instabilité.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/radioorient/images/logo_GrQUEHbER4.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_09_at_15_41_501791557021729-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_08_at_17_20_581791476536770-format1by1.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/8huordnnf9/image/WhatsApp_Image_2026_10_08_at_14_25_041791466011444-format1by1.jpeg)