Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis et l’Iran échangent de nouvelles frappes après un mois d’accalmie
Modifié : 31 août 2026 à 17h35 par Radio Orient avec l'AFP
L’Iran a annoncé, lundi 31 août, avoir mené des attaques contre des positions militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, en représailles à des frappes américaines contre des cibles iraniennes.
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Il s’agit du premier échange direct de frappes entre les deux pays depuis près d’un mois, faisant ainsi craindre une nouvelle escalade après plusieurs semaines de relative accalmie dans le conflit au Moyen-Orient.
Alors que la guerre vient de franchir le cap des six mois, cette reprise des hostilités intervient malgré les récentes déclarations de l’administration de Donald Trump, qui affirmait vouloir privilégier la pression économique et les sanctions plutôt qu’une intensification des opérations militaires contre Téhéran.
Des frappes américaines contre des lanceurs iraniens
Le porte-parole du Commandement central américain (Centcom) pour le Moyen-Orient, Tim Hawkins, a annoncé que les forces américaines avaient détruit deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, située dans le détroit stratégique d’Ormuz.
Selon le responsable américain, cette opération est intervenue après que les forces américaines eurent détecté des membres des Gardiens de la révolution islamique préparant le lancement de roquettes équipées de mines marines dans le détroit d’Ormuz.
L’agence de presse iranienne Tasnim a fait état de deux morts et de deux blessés à la suite de ces frappes.
Téhéran riposte contre des positions américaines
En réponse à l’attaque américaine, les Gardiens de la révolution ont annoncé avoir lancé des missiles balistiques et des drones contre des installations militaires américaines situées sur deux bases aériennes en Jordanie.
Les forces iraniennes ont ensuite affirmé avoir visé une base militaire aux Émirats arabes unis.
Téhéran a également revendiqué la destruction d’un drone américain MQ-9 Reaper dans le détroit d’Ormuz. Cet appareil est notamment utilisé pour des missions de surveillance et de reconnaissance, mais peut également être employé pour mener des frappes.
De son côté, l’armée jordanienne a annoncé avoir intercepté huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans toutefois préciser leur origine.
L’armée américaine n’a, pour sa part, pas immédiatement commenté les déclarations iraniennes.
Ces nouvelles attaques interviennent après plusieurs semaines de baisse relative des tensions. Malgré cette accalmie, des affrontements sporadiques avaient continué dans la région, notamment dans et autour du détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz, au cœur des tensions
Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de tension entre Washington et Téhéran. Cette voie maritime stratégique est essentielle au commerce mondial de l’énergie : avant le début de la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux y transitaient.
L’Iran cherche à contrôler les conditions de navigation dans ce passage stratégique, tandis que les États-Unis ont renforcé la pression sur Téhéran et imposé un blocus visant les ports iraniens.
Washington affirme vouloir garantir « la libre circulation des échanges commerciaux » sur cette voie maritime essentielle. Le Centcom a par ailleurs annoncé dimanche avoir achevé les opérations de déminage des voies de navigation internationales dans la zone.
L’annonce des nouvelles frappes américaines a immédiatement ravivé les inquiétudes sur les marchés énergétiques. Le prix du pétrole Brent, référence internationale, a ainsi dépassé lundi le seuil symbolique de 90 dollars le baril.
Un conflit qui pèse sur l’économie mondiale
La guerre a débuté le 28 février avec des frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Téhéran avait alors riposté en ciblant notamment des positions et des intérêts américains ainsi que plusieurs pays du Golfe alliés de Washington.
Depuis le début du conflit, les affrontements ont fortement perturbé les marchés mondiaux et fait peser de nouvelles menaces sur les approvisionnements énergétiques et le commerce international.
En avril, un cessez-le-feu avait permis de mettre fin à près de 40 jours de bombardements intensifs. Un protocole d’accord visant à mettre définitivement fin aux hostilités avait ensuite été conclu en juin.
Mais cet accord a finalement volé en éclats en juillet, après la reprise des opérations militaires. Depuis, les négociations visant à parvenir à une solution durable restent dans l’impasse.
Pékin et Moscou attendus au sommet de l’OCS
Alors que les tensions repartent à la hausse, le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré que son pays ne cherchait pas la guerre.
« Nous ne cherchons pas la guerre », a-t-il déclaré, tout en avertissant que l’Iran ne resterait pas sans réaction en cas de "nouvelle agression", selon les médias d’État iraniens.
Le président iranien se rend au Kirghizstan afin de participer au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Le président chinois Xi Jinping et son homologue russe Vladimir Poutine doivent également participer à cette rencontre, aux côtés du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.
Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans les efforts visant à mettre fin au conflit.
Washington renforce la pression économique sur Téhéran
Face à une guerre de plus en plus impopulaire aux États-Unis et à l’approche des élections de mi-mandat, l’administration Trump semble vouloir privilégier davantage l’arme économique pour faire pression sur l’Iran.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a ainsi présenté la semaine dernière une nouvelle série de sanctions dites « secondaires ». Ces mesures ne visent pas directement l’Iran, mais ses partenaires commerciaux et certains secteurs stratégiques, notamment l’or, les technologies, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.
Scott Bessent doit également présider, lundi et mardi aux États-Unis, une réunion avec ses homologues des pays du G20, dont la Chine, principal partenaire économique de Téhéran.
Pékin a déjà averti qu’il entendait défendre fermement ses intérêts ainsi que sa coopération avec l’Iran, ajoutant une nouvelle dimension économique et diplomatique à la crise.
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