Gaza : Israël rejette le plan américain accepté par le Hamas

Modifié : 10 août 2026 à 0h29 par Radio Orient avec l'AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche avoir "rejeté" la dernière feuille de route américaine pour Gaza, pourtant acceptée par le Hamas. Cette décision marque une prise de distance avec son allié Donald Trump, alors que Benjamin Netanyahu cherche également à préserver le soutien de sa base électorale à l'approche des élections législatives prévues le 27 octobre.

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Pour Nikolaï Mladenov, haut représentant du "Conseil de paix" du président américain à Gaza, le plan américain constitue pourtant "la seule voie à suivre" pour éviter qu'une attaque similaire à celle du 7 octobre 2023 ne se reproduise, a-t-il déclaré à la chaîne israélienne 12.

Netanyahu conditionne le retrait israélien au désarmement du Hamas

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé ses réserves concernant ce texte, destiné à lancer la deuxième étape du plan de paix pour Gaza. Il conditionne tout retrait des troupes israéliennes à un "véritable" désarmement du Hamas palestinien.

Le document en 15 points, présenté fin juillet par le "Conseil de paix", est vivement contesté par les alliés d'extrême droite de Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien a explicitement annoncé son rejet de cette feuille de route américaine.

De son côté, le Hamas a appelé les Etats-Unis à faire pression sur Benjamin Netanyahu et son gouvernement "afin qu'ils respectent la feuille de route et n'entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale", a indiqué à l'AFP Bassem Naïm, membre de son bureau politique.

"L'armée israélienne n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu lors d'une réunion du cabinet.

Le Premier ministre israélien a toutefois qualifié Donald Trump de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison-Blanche", tout en affirmant qu'il entendait défendre les positions israéliennes : "ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions".

Les relations entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump s'étaient déjà tendues en avril, lors des négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Le président américain avait alors reproché à son allié israélien de faire obstacle aux discussions.

Un plan américain impopulaire auprès de la droite israélienne

Benjamin Netanyahu, qui est le dirigeant ayant exercé le plus longtemps le pouvoir en Israël, est au coude-à-coude avec ses adversaires dans certains sondages à l'approche des élections du 27 octobre. Il s'agit des premières élections depuis l'attaque du Hamas, qui avait précédé la guerre à Gaza.

Les sondages indiquent que le plan américain est largement impopulaire auprès de l'électorat de droite israélien. Les alliés d'extrême droite de Benjamin Netanyahu lui demandent également de faire échouer la feuille de route.

Le Hamas avait accepté le texte qui, dans sa version publiée par le "Conseil de paix", prévoit de lier le désarmement du mouvement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Face aux inquiétudes exprimées par Israël, Nikolaï Mladenov avait assuré Benjamin Netanyahu, lors d'une rencontre lundi, qu'Israël ne se retirerait qu'après un désarmement "complet" du Hamas. Cette garantie n'a toutefois pas suffi à rassurer le Premier ministre israélien.

Le haut représentant pour Gaza a indiqué dimanche que des discussions se poursuivaient avec Israël, tout en disant espérer qu'elles "débouchent sur une issue positive pour tous".

"S'il y a un vrai désarmement, alors Israël se retirera", a-t-il assuré.

Le désarmement du Hamas au cœur des négociations

Le texte prévoit que le désarmement et le stockage de l'arsenal du Hamas soient pris en charge par le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG). Cet organe technocratique palestinien est chargé de gérer le territoire durant une phase transitoire. Il est actuellement bloqué en Egypte, Israël refusant de l'autoriser à entrer dans la bande de Gaza.

Netanyahu refuse un "désarmement fictif"

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur à Gaza depuis octobre.

L'Egypte, qui joue un rôle majeur dans la médiation, a appelé dimanche toutes les parties à "honorer leurs engagements" et à s'abstenir de toute action susceptible de compromettre les avancées. Cet appel a été formulé lors d'un entretien entre le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et Nikolaï Mladenov.

Le Hamas défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu'une reddition unilatérale de son arsenal. Israël exige pour sa part la destruction des armes.

Benjamin Netanyahu, faisant état de discussions avec les Etats-Unis, a insisté dimanche sur la nécessité pour le Hamas de renoncer "aux armes lourdes, aux moins lourdes: à toutes les armes", tout en refusant un "désarmement fictif".

Israël semble avoir réduit ses opérations militaires à Gaza depuis l'annonce, la semaine dernière, de l'accord sur le désarmement du Hamas, sans toutefois les interrompre.

Plusieurs incidents ont néanmoins été signalés dimanche. Des tirs ont notamment blessé un enfant, hospitalisé à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, selon la Défense civile.

D'après le ministère de la Santé, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies, les opérations israéliennes à Gaza ont fait 1.258 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

L'armée israélienne a, de son côté, fait état de cinq morts dans ses rangs durant la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.