France : les députés votent pour interdire l’hexane dans l’alimentation à partir de 2027

Modifié : 21h36 par Radio Orient avec l'AFP

L’Assemblée nationale a adopté mercredi un amendement visant à interdire, à partir de 2027, l’utilisation de l’hexane dans l’industrie agroalimentaire.

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Cette décision a été prise contre l’avis du gouvernement, alors que ce solvant, largement employé pour extraire les huiles végétales, est reconnu comme neurotoxique et suspecté de perturber le système endocrinien. Toutefois, compte tenu des incertitudes entourant l’adoption définitive du budget de la Sécurité sociale, cette mesure pourrait ne jamais entrer en vigueur.

Depuis plusieurs années, des médecins et des scientifiques réclament un encadrement plus strict, voire une interdiction de l’hexane. Le texte adopté par les députés, à l’initiative du groupe écologiste, prévoit de supprimer son utilisation dans la fabrication des produits alimentaires ainsi que de certains aliments pour animaux destinés à la consommation humaine.

L’amendement prévoit également une contribution de 10 % à la charge des secteurs concernés, qui serait reversée à l’Assurance maladie. Le député écologiste Benoît Biteau a défendu cette disposition au nom du principe du « pollueur-payeur ».

Des désaccords sur les risques sanitaires

Le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin, membre des Républicains (LR), s’est opposé à cette interdiction. Il a estimé que les études disponibles ne démontraient pas de risque sanitaire lié aux résidus d’hexane présents dans les aliments, précisant que les problèmes de santé seraient plutôt associés à une exposition répétée et prolongée au solvant. Il a également jugé que cette mesure n’avait pas sa place dans le projet de budget de la Sécurité sociale.

Le gouvernement a lui aussi émis un avis défavorable, sans toutefois fournir d’explications supplémentaires.

À l’inverse, le député MoDem Richard Ramos, qui travaille sur cette question depuis plusieurs années et a participé à la rédaction d’un rapport parlementaire consacré à l’hexane, a défendu l’amendement. Il a notamment évoqué des travaux scientifiques portant sur un possible lien entre l’exposition à ce solvant et la maladie de Parkinson. Il a vivement critiqué l’absence de mesures gouvernementales, estimant que la protection de la santé publique devait être une priorité.

Au terme des débats, l’amendement a été adopté de justesse, par 60 voix contre 56. La gauche et une partie du bloc central ont voté en sa faveur, tandis que les autres composantes du camp gouvernemental, la droite et la droite nationaliste s’y sont opposées.

Le budget de la Sécurité sociale toujours sous tension

Par ailleurs, les députés ont approuvé de nouvelles exonérations de cotisations, notamment pour les apprentis et les personnes âgées, malgré les avertissements du gouvernement concernant leur coût pour les finances publiques.

L’Assemblée nationale poursuit l’examen du volet recettes du budget de la Sécurité sociale pour 2027. L’exécutif souhaite réduire le déficit, qui passerait de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027.

Cependant, les débats restent marqués par des incertitudes sur l’issue du vote. Plusieurs députés défendent des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat ou à soutenir différents secteurs économiques, au risque d’alourdir les dépenses et de creuser davantage le déficit public.