France : Laurent Nuñez rejette les accusations de protection de groupes d’ultradroite lors des manifestations

Modifié : 18h28 par Radio Orient avec l'AFP

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a démenti lundi les accusations selon lesquelles les forces de l’ordre auraient protégé des militants d’ultradroite ayant agressé des manifestants pacifiques lors des mobilisations sociales du samedi 24 octobre.

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La France insoumise (LFI) dénonce, de son côté, une attitude des policiers et des gendarmes qui aurait favorisé les groupes d’extrême droite.

Des agressions signalées dans plusieurs villes

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des individus présentés comme appartenant à l’ultradroite s’en prendre à des manifestants dans plusieurs villes françaises, notamment à Nice, Montpellier, Nancy et Rouen. Selon le ministère de l’Intérieur, des incidents similaires ont été recensés dans une dizaine d’autres localités.

À Rouen, des images publiées par le média Blast montrent des militants, certains le visage dissimulé, frappant des participants aux manifestations. Bien que des policiers soient intervenus, les agresseurs ont pu quitter les lieux. À Nancy, des individus cagoulés ont lancé des projectiles en direction des manifestants avant de se positionner derrière des gendarmes mobiles, selon une vidéo relayée par Libération.

À Nice, une centaine de militants masqués se seraient rassemblés dans le centre-ville avec l’intention d’affronter physiquement les manifestants, selon la préfecture. Onze personnes doivent être jugées, dont plusieurs ont des antécédents judiciaires. Des masques, des gants, des bombes lacrymogènes et des matraques ont notamment été retrouvés dans leurs véhicules.

Le gouvernement nie toute complicité avec l’ultradroite

Invité sur RMC et BFMTV lundi, Laurent Nuñez a expliqué que les services de sécurité avaient repéré des appels à la mobilisation lancés sur les réseaux sociaux par différents groupes d’ultradroite, des militants identitaires et des nationalistes. Certains affirmaient vouloir protéger les commerces pendant les rassemblements sociaux. Toutefois, selon le ministre, ces groupes cherchaient principalement à s’en prendre aux militants d’ultragauche.

Laurent Nuñez a également assuré que les forces de l’ordre étaient intervenues à plusieurs reprises afin de disperser les groupes et d’empêcher les affrontements entre les deux mouvances.

Cependant, les images montrant des agresseurs repartir sans être interpellés ont provoqué de nombreuses réactions politiques. Le député insoumis Manuel Bompard a notamment dénoncé la présence de militants d’extrême droite armés dans les rues de Nice, alors que les manifestations y étaient interdites. Il a mis en cause la responsabilité du ministre de l’Intérieur et du maire de la ville, Éric Ciotti.

Son collègue Thomas Portes a également accusé la police d’avoir protégé des groupes d’extrême droite et dénoncé ce qu’il considère comme des violences policières et du racisme systémiques.

En réponse, Laurent Nuñez a catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant que la police et la gendarmerie n’avaient à aucun moment protégé ces militants ni agi en coordination avec eux.

Des poursuites judiciaires et des dissolutions envisagées

Le ministère de l’Intérieur a expliqué que les militants d’ultradroite n’avaient pas tous été interpellés, les forces de l’ordre ayant pour priorité d’éviter les pillages et de mettre fin aux violences pendant les manifestations.

Le ministre a demandé aux préfets de saisir la justice afin que des poursuites pénales puissent être engagées contre les personnes soupçonnées d’avoir constitué des groupes dans le but de commettre des violences.

Il a également évoqué d’éventuelles mesures administratives, notamment la dissolution de certains groupes impliqués dans ces incidents. Les organisations syndicales de policiers sollicitées par l’AFP n’ont pas souhaité commenter la situation ou n’ont pas répondu.