France : entre 400 et 500 lycées devraient suspendre les cours lundi, selon le ministre de l’Éducation

Modifié : 18h13 par Radio Orient avec l'AFP

Entre 400 et 500 établissements scolaires devraient connaître des interruptions de cours ce lundi 5 octobre, a annoncé dimanche le ministre français de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.

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Une mobilisation d’ampleur comparable à celle observée vendredi, alors que le mouvement de contestation des lycéens contre le gouvernement continue de s’étendre.

Invité sur France 2 et France Inter, le ministre a indiqué que le nombre de lycées concernés lundi devrait être similaire à celui enregistré vendredi, tout en précisant qu’une reprise progressive et partielle des enseignements était envisagée. Il a également fait état de 78 membres du personnel de l’Éducation nationale blessés depuis le début des mobilisations, ainsi que de 24 établissements incendiés ou dégradés.

Édouard Geffray a expliqué que les fermetures d’établissements étaient décidées lorsque les conditions de sécurité n’étaient plus garanties, notamment en raison de dégâts matériels ou de menaces visant directement les personnels. Il a par ailleurs accusé certains militants d’ultragauche d’avoir infiltré le mouvement lycéen et d’avoir contribué à des actes de violence.

Lancé le 17 septembre en Île-de-France, le mouvement de protestation et de blocage des lycées s’est progressivement propagé à plusieurs villes françaises. Les élèves mobilisés réclament davantage de moyens humains et financiers pour l’Éducation nationale. Ils dénoncent notamment les difficultés liées à Parcoursup, le manque de remplacements des enseignants, la dégradation des infrastructures scolaires et la surcharge des emplois du temps.

La mobilisation de vendredi a également été marquée par plus de 1 700 interpellations, portant à environ 5 000 le nombre total d’arrestations depuis lundi.

Les organisations lycéennes ont appelé à poursuivre la contestation et prévoient une nouvelle journée de mobilisation, baptisée « acte III », mardi 6 octobre. À l’issue de leur rencontre avec le ministre, elles ont regretté l’absence de réponses concrètes à leurs revendications. Plusieurs syndicats de l’Éducation nationale et organisations étudiantes ont également appelé à participer à cette journée, notamment par la grève.

Les méthodes de maintien de l’ordre au cœur des critiques

Le Syndicat de la magistrature a vivement dénoncé vendredi la réponse des autorités face à la mobilisation, qu’il juge disproportionnée par rapport à la colère des lycéens. Dans un communiqué, il a critiqué une stratégie de maintien de l’ordre inadaptée à un mouvement composé principalement de mineurs, évoquant notamment l’utilisation de gaz lacrymogènes, les interpellations violentes ainsi que le recours aux lanceurs de balles de défense et aux grenades explosives.

Le syndicat a également estimé que ces pratiques touchaient particulièrement les jeunes issus des quartiers populaires.

En réaction, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a défendu dimanche l’action des forces de l’ordre. Sur le réseau social X, il a affirmé que celles-ci avaient pour mission de protéger les élèves et les étudiants souhaitant manifester pacifiquement, tout en intervenant fermement et de manière proportionnée contre les violences et les dégradations.

De son côté, le député de La France insoumise des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, a critiqué la réponse gouvernementale, estimant que les revendications des lycéens devaient être prises en compte à travers le dialogue plutôt que par le recours aux forces de l’ordre.

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, a également jugé les méthodes de maintien de l’ordre inadaptées. Il a annoncé que des militants communistes seraient présents mardi aux côtés des manifestants afin d’accompagner les organisations syndicales et de contribuer à prévenir les débordements.

Le gouvernement promet des mesures sur l’école

Face à la contestation, Édouard Geffray a annoncé la préparation de plusieurs mesures concernant notamment le remplacement des enseignants et les rythmes scolaires.

Reconnaissant que les lycéens sont « souvent consultés, mais pas souvent entendus », le ministre prévoit de présenter dès la semaine prochaine un plan destiné à accélérer le remplacement des professeurs absents.

Des travaux seront également engagés sur plusieurs dossiers, notamment les effectifs scolaires, l’état des établissements, l’organisation du temps scolaire et le renforcement de la démocratie lycéenne.