France : des militants d’ultradroite soupçonnés d’avoir agressé des manifestants à Nice, une enquête ouverte

Modifié : 17h28 par Radio Orient avec l'AFP

Une enquête judiciaire a été ouverte à Nice après des agressions visant des manifestants lors de la mobilisation du samedi 24 octobre. Les auteurs présumés pourraient appartenir à la mouvance d’ultradroite, a annoncé le parquet dimanche 25 octobre.

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Dans un communiqué transmis à la presse, le procureur de la République, Damien Martinelli, a indiqué qu’une enquête en flagrance avait été confiée au Service local de police judiciaire des Alpes-Maritimes (SLPJ 06). L’objectif est d’identifier et d’interpeller les personnes impliquées dans ces violences aggravées survenues dans le centre-ville.

Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), le magistrat a affirmé vouloir apporter une réponse judiciaire ferme à ces actes. Les enquêteurs exploitent notamment les images enregistrées pendant les événements. Certaines vidéos diffusées par les médias locaux montrent des individus vêtus de noir et le visage dissimulé se précipitant sur des manifestants qui semblaient pacifiques.

Au total, 59 personnes ont été placées en garde à vue samedi, principalement pour leur participation présumée à un groupement en vue de commettre des violences. Parmi elles, 11 individus sont soupçonnés d’être liés à la mouvance d’ultradroite. Selon le parquet, ils ont été interpellés à bord de deux véhicules, dans lesquels les policiers ont découvert notamment des masques, des gants, des bombes lacrymogènes et des matraques. Cinq d’entre eux étaient déjà connus des services de police. Leurs interpellations ont eu lieu avant les violences signalées.

La préfecture des Alpes-Maritimes avait auparavant fait état de la présence d’une centaine de militants d’ultradroite masqués dans le centre de Nice, qui auraient cherché à en découdre physiquement avec les manifestants. Selon les chiffres communiqués par les autorités, le rassemblement a réuni jusqu’à 2 300 personnes dans les rues de la ville.

Les forces de sécurité ont tenté tout au long de l’après-midi d’empêcher les deux groupes de se retrouver. Toutefois, des affrontements ont éclaté en fin de journée aux abords du Vieux-Nice entre des individus violents appartenant aux deux camps. Trois personnes ont été légèrement blessées et prises en charge par les sapeurs-pompiers.

Des violences également signalées à Montpellier

Sur le réseau social X, le maire de Nice, Eric Ciotti, membre de l’Union des droites pour la République et proche du Rassemblement national, a condamné fermement les agressions attribuées à des militants d’ultradroite contre les participants à un cortège pacifique. Il a estimé que les responsables devaient répondre de leurs actes devant la justice, quelle que soit leur appartenance politique.

Ce n’est pas la première fois que des tensions de cette nature sont signalées à Nice. Le 23 mars dernier, des participants à un rassemblement antifasciste organisé après l’élection du maire avaient déjà été pris à partie par des militants soupçonnés d’appartenir à la mouvance identitaire. Deux personnes avaient été interpellées le mois suivant.

Des agressions visant des manifestants ont également été recensées à Montpellier. Samedi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait signalé la présence de militants d’ultradroite à Nice et à Montpellier, où ils auraient cherché à s’opposer à des militants d’ultragauche, tout en affirmant vouloir protéger les commerces. Il a qualifié cette situation de phénomène inédit dans le cadre d’une manifestation.

De son côté, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a dénoncé la présence de ce qu’il a qualifié de « milice d’extrême droite ». Il a rappelé que personne ne pouvait recourir à la violence contre autrui dans une République et a demandé à la justice d’enquêter sur les faits et d’interpeller leurs auteurs, estimant qu’aucune impunité ne pouvait être tolérée.