Espagne : 128 interpellations à Barcelone après des actes de vandalisme et des pillages
Modifié : 13h39 par Radio Orient avec l'AFP
Cent vingt-huit personnes, dont 73 mineurs, ont été interpellées à Barcelone dans la nuit de samedi à dimanche à la suite de dégradations et de pillages visant une vingtaine de commerces.
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Ces incidents, d’une ampleur moindre, rappellent les violences survenues en France le 17 octobre en marge des manifestations.
Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux montrent plusieurs groupes d’individus, souvent vêtus de noir, parcourant les rues de la capitale catalane et s’en prenant à des magasins. Les rassemblements auraient débuté sur la place de Catalogne, dans le centre-ville, sans avoir été préalablement déclarés aux autorités.
Selon Sílvia Catà, responsable des Mossos d’Esquadra, la police catalane, 73 des personnes arrêtées sont mineures. Les procédures judiciaires sont en cours afin de transmettre les dossiers des mineurs au parquet compétent et ceux des adultes à la justice. Elle a également précisé que seules deux personnes interpellées possédaient des antécédents judiciaires.
Le bilan fait état de 23 commerces vandalisés et de 15 membres des forces de l’ordre blessés, dont 14 policiers catalans et un agent de la Guardia Urbana. Sílvia Catà a dénoncé des actes de « violence gratuite » et indiqué que les enquêteurs cherchaient à déterminer le profil des personnes impliquées. Selon elle, les participants, malgré leur manque apparent d’organisation, se seraient coordonnés par l’intermédiaire des réseaux sociaux.
Des tensions qui suscitent de vives réactions politiques
Dans la soirée de samedi, les Mossos d’Esquadra avaient appelé la population à éviter les abords de la place de Catalogne. La police avait signalé la présence de groupes violents, dont certains avaient le visage dissimulé, incendiant des conteneurs, dégradant le mobilier urbain et lançant des pierres en direction des forces de l’ordre.
Ces événements interviennent une semaine après les pillages et les violences qui ont marqué la journée de mobilisation du 17 octobre en France. De nouvelles manifestations de grande ampleur s’y sont déroulées samedi, globalement dans le calme.
En Espagne, ces violences inhabituelles ont provoqué de nombreuses réactions politiques. Le président de la Generalitat de Catalogne, Salvador Illa, a fermement condamné les faits sur le réseau social X, affirmant que « la violence n’a pas sa place en Catalogne » et réclamant que les responsables répondent de leurs actes.
À l’approche des élections législatives prévues le 29 novembre, le chef de l’opposition conservatrice, Alberto Núñez Feijóo, a appelé à un changement politique fondé sur la liberté et le respect. Il a également insisté sur la nécessité de préserver la coexistence et de ne pas encourager ceux qui la menacent.
De son côté, Santiago Abascal, dirigeant du parti d’extrême droite Vox, a accusé les soutiens du Premier ministre Pedro Sánchez d’être responsables des dégradations, établissant un lien avec la crise migratoire qui a touché cet été Ceuta, l’enclave espagnole située en Afrique du Nord.
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