Détroit d’Ormuz : Téhéran maintient ses exigences malgré le rejet américain

Modifié : 15h09 par Radio Orient avec l'AFP

L’Iran continue de poser ses conditions à une éventuelle réouverture du détroit d’Ormuz, malgré le refus exprimé par le président américain Donald Trump à l’égard d’une proposition iranienne.

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Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé dimanche que la position de Téhéran restait inchangée.

« Nos conditions sont claires et toute décision concernant la réouverture du détroit d’Ormuz dépendra de leur satisfaction. Nous ne reviendrons pas sur ces conditions », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, cité par la télévision d’État.

Abbas Araghchi a également assuré que l’Iran restait ouvert au dialogue. « Nous n’avons jamais fermé la porte à la diplomatie ou aux négociations, mais nous n’avons jamais non plus renoncé à nos droits », a-t-il affirmé.

Vendredi, Téhéran avait indiqué avoir transmis aux États-Unis une proposition prévoyant la réouverture du détroit dans un délai de sept jours après son acceptation. Le président iranien Massoud Pezeshkian avait précisé que cette initiative avait été préparée en coordination avec le guide suprême Mojtaba Khamenei. Une équipe de six négociateurs disposant d’un mandat décisionnel avait également été constituée.

Donald Trump a toutefois rejeté cette proposition samedi. À la sortie de la Maison Blanche, il a déclaré à la presse qu’il refusait l’accord proposé par Téhéran, estimant que les dirigeants iraniens souhaitaient parvenir à un arrangement parce qu’ils étaient, selon lui, « en train de perdre lourdement ».

Téhéran laisse la porte ouverte aux négociations

Peu avant cette déclaration, le président américain avait publié sur son réseau Truth Social une carte du détroit d’Ormuz accompagnée de la mention « Détroit Trump ».

Malgré ce rejet, l’Iran n’a pas fermé la voie au dialogue. Abbas Araghchi a indiqué que Téhéran avait pris connaissance de la première réaction américaine, tout en précisant qu’aucune position officielle ne lui avait encore été communiquée par l’intermédiaire des médiateurs.

« Nous attendons que les médiateurs nous transmettent les positions définitives et nous déciderons ensuite de la marche à suivre », a-t-il déclaré.

Situé entre l’Iran et la péninsule Arabique, le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux passages maritimes pour le commerce mondial des hydrocarbures. Avant le début de la guerre, environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux y transitait.

Le détroit se trouve désormais au centre de l’affrontement entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Téhéran revendique le contrôle de cette voie stratégique, tandis que Washington a renforcé la pression sur les ports iraniens.

Selon le Wall Street Journal, Donald Trump envisagerait par ailleurs de nouvelles frappes contre l’Iran après les élections législatives de mi-mandat prévues aux États-Unis le 3 novembre. Les États-Unis n’ont pas mené de frappes directes contre l’Iran depuis le 1er septembre, même si plusieurs incidents impliquant des navires ont depuis été signalés dans le détroit d’Ormuz.

À l’approche des élections de mi-mandat, le coût politique et économique du conflit au Moyen-Orient demeure un enjeu important pour l’administration américaine, alors que les tensions dans la région contribuent notamment à la hausse des prix des carburants.