Croisière contaminée : que sait-on du virus Hanta qui inquiète l’Europe ?

Modifié : 20h53 par Radio Orient

Partie pour une expédition de luxe, la croisière du « MV Hondius » a viré à la crise sanitaire. Après plusieurs décès liés au virus Hanta, l’Espagne accepte d’accueillir le navire pour des raisons humanitaires. Un épisode qui soulève des interrogations sur la gestion des risques épidémiques en milieu confiné.

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Une escale sous haute tension sanitaire

La décision de Madrid d’autoriser l’accostage du navire aux Canaries répond à une double exigence, humanitaire et internationale, sous l’impulsion notamment de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Union européenne (UE).

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 Bloqué au large du Cap-Vert, faute d’infrastructures médicales adaptées, le « MV Hondius » devrait atteindre les côtes européennes en quelques jours.

À bord, des protocoles stricts de dépistage, d’isolement et de rapatriement des passagers sont en préparation.

Une croisière de luxe devenue urgence médicale

Ce qui devait être une expédition exclusive s’est transformé en situation critique. Le bilan fait état de trois décès confirmés, de plusieurs cas suspects et d’au moins un patient en état grave. 

Des témoignages de passagers décrivent une atmosphère d’inquiétude croissante, accentuée par la poursuite de la navigation malgré les premiers signaux d’alerte. 

La gestion de la crise à bord interroge, notamment quant au maintien de l’itinéraire après le premier décès.

Le virus hanta, une menace rare mais redoutée

Peu connu du grand public, le virus Hanta se transmet principalement par les rongeurs, via leurs excrétions. 

Certaines souches présentent un taux de létalité élevé, pouvant atteindre 50 %. Les symptômes, d’abord bénins, peuvent évoluer vers des atteintes respiratoires ou rénales graves.

 À ce stade, aucun traitement spécifique n’existe, la prise en charge reposant essentiellement sur le soutien médical.

L’origine de la contamination en question

Les premières hypothèses évoquent une contamination préalable de certains passagers avant l’embarquement, possiblement en Amérique du Sud.
 D’autres pistes pointent les escales dans des zones isolées propices à la présence de rongeurs. 

Fait notable, aucune trace de contamination n’a été relevée à bord du navire lui-même, ce qui renforce l’idée d’une exposition externe. La question d’une transmission interhumaine, rare mais documentée pour certaines souches, reste à ce stade à l’étude.


Si les autorités se veulent rassurantes quant au risque global, jugé faible pour la population générale, l’incident met en lumière la vulnérabilité des environnements fermés face aux maladies infectieuses.

Il souligne également les défis de coordination internationale en cas d’urgence sanitaire transfrontalière. Au-delà du cas du « MV Hondius », cet épisode pourrait servir de révélateur des limites actuelles dans la prévention et la gestion des épidémies émergentes.